Lençois Maranhenses : désert laqué

Lençois Maranhenses

Quatre heures de van mises à profit pour prolonger notre nuit et nous arrivons dans la petite ville de Barreirinhas, porte d’entrée pour le parc de Lençois. Déjà, à proximité de l’agence qui vient de nous transporter, une dune se dresse comme un modeste préambule à l’immensité de sable qui nous attend. Nous commençons une fois encore par la recherche d’un logis pour la nuit et élisons résidence dans un petit bungalow qui a la bonne idée d’être équipé de la climatisation. Une fois ce problème réglé, nous nous rendons dans l’agence de tourisme qui nous avait été recommandée à Sao Luis. Toutes proposent exactement les mêmes services : des tours en 4x4 jusqu’aux dunes et des balades en barques jusqu’à l’embouchure de la rivière.

A 14 h, nous nous tenons donc prêts pour embarquer à bord de notre curieux 4x4 à ciel ouvert : alors que le chauffeur et le guide se trouvent dans l’habitacle, nous prenons place avec 14 autres touristes sur des sièges surélevés sous une bâche. Une fois la ville et la rivière traversées, la route se transforme en piste ensablée. Nous nous cramponnons fortement pour résister aux embardées et sauts répétés qui rendent le trajet digne d’un vrai manège à sensations fortes. Nos camarades argentins sont tout excités et accompagnent chaque mouvement brusque de cris sonores. Malgré les secousses et les branchages en pleine figure (et oui, nous avons pris les places au 1er rang…), nous profitons des paysages de sable où des champs d’arbres à cajou font la richesse des quelques villages égarés. Les écoles dotées de terrains de foot improvisés paraissent surréalistes dans cet isolement complet.

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La solitude des lieux est soudain rompue par la vision d’autres voitures garées et de petites échoppes au pied d’un immense amas de sable. Nous voilà donc arrivés à destination, à l’entrée du parc dont on nous a tant parlé.

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Nous grimpons rapidement en haut de la dune et découvrons devant nous une immensité toute bosselée. Le sable s’étend à perte de vue, entrecoupé de lagunes d’eau de pluie. Nous avançons, parfois péniblement, dans le sable si fin et blanc pour rejoindre une des plus fameuses retenues d’eau, la Laguna Bonita. Alors que nous nous attendons à découvrir un petit lac aux eaux turquoise, c’est une piscine où des micro-organismes et algues se sont développés qui nous est proposée pour la baignade. Nous préférons nous isoler un peu et cherchons un bain moins peuplé…sauf par de petits poissons farceurs qui viennent nous mordre gentiment. A cette période de l’année, l’eau s’est en partie évaporée et de nombreuses lagunes se retrouvent presque à sec.

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Dans cet espace infini, nous imaginons aisément avec quelle rapidité nous pourrions nous perdre, nos traces de pas étant vite effacée par le vent qui souffle sans cesse. Nous nous baladons donc prudemment dans les dunes en suivant leurs contours et grimpant fréquemment à leur sommet. Nous rejoignons comme convenu le groupe pour assister au couché du soleil avant de regagner la ville, de nuit et par le même chemin tourmenté.

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Alors que tous les 4x4 convergent vers le bac permettant de traverser la rivière, un embouteillage se forme et des cuisinières brésiliennes en profitent pour monnayer leur talent autour de quelques crêpes faites à partir de simple farine de tapioca. La poudre initiale s’agrège sous l’effet de la chaleur de la poêle et, agrémentée de coco ou sucre concentré, la petite crêpe granuleuse se déguste en deux bouchées. Notre tour arrive et nous voilà de retour dans notre petit bungalow…envahi par de malicieuses fourmis qui ont trouvé dans un de nos sacs à dos un reste de gâteau du petit-déjeuner. Nous les chassons à coups de tong et partons diner au bord de la rivière d’un simple bol de riz sauté.

Nous nous interrogeons sur la suite du séjour : nous ne regrettons finalement pas d’avoir écarté l’option marche de 3 jours dans les dunes, bien qu’elles soient somptueuses, et nous nous demandons si rester quelques jours de plus pour descendre la rivière jusqu’à Atins et s’y reposer vaut vraiment le coup. Nous décidons finalement de pousser un petit peu plus loin : plusieurs noms semblent prometteurs aux environs de Fortaleza comme Jericoacoara, Canoa Quebrada, même si le trajet pour s’y rendre s’annonce long et compliqué. Un trajet où se succèdent 4x4, bus, bac, buggy, sur plusieurs jours…

Nous prenons le pari et attrapons le premier 4x4 le lendemain pour se rendre via la côte et les pistes de sables jusqu’à Paulino Neves puis Tutoia. Nous partageons la jeep publique avec quelques brésiliens et un autre Français, Antoine, dont la conversion passionnante nous fait passer un excellent moment. Entrepreneur, directeur marketing, passionné de nouvelles technologies et de philosophie, il nous parle de son travail, de ses projets et de sa vision de la réussite professionnelle. Au milieu de paysages complètement déconnectés de ce monde où le business est maître, nous sommes tiraillés entre notre vie actuelle de backpackers et notre vie passée/future de jeunes cadres dynamiques, entre l’envie de tirer le plus possible de nos derniers jours de vadrouille et de retrouver les stimuli intellectuels de notre quotidien parisien. Complètement absorbés, notre regard ne s’attarde pas sur les villages côtiers isolés, aux rues de sables et maisons blanchies à la chaux, et dont les seuls revenus proviennent de la culture de cajou et de la pêche.

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Nous hésitons toujours sur notre destination finale : Jericoacoara est réputé pour son isolement dans des paysages superbes mais aussi pour la horde de touristes qui envahissent le village et font grimper les prix des hôtels de luxe. Ce dernier aspect nous rebute un peu et nous repoussons jusqu’au dernier moment, à Parnaiba, le verdict. Finalement, c’est un planning de bus qui décide pour nous : pour rejoindre Jeri il nous faudrait passer la nuit dans un autre village alors qu’un bus de nuit nous conduit directement à Fortaleza d’où il sera plus facile de rayonner. Ayant tiré les leçons de nos lectures, nous nous armons de nos sacs de couchage pour affronter la climatisation du bus, nous séparons en chemin de notre compagnon qui préfère se rendre à Jeri où sont des amis, et nous endormons jusqu'au petit matin.

Date : du 23 au 24 Août

1 comments:

Vadrouille a dit…

Très belles photos !

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