Sao Luis & Alcantara : “colonies” de vacances

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En arrivant à l’aéroport de Sao Luis, nous laissons derrière nous les derniers mois d’hivers que nous venons de traverser pour retrouver la chaleur et la moiteur tropicales. Changement de climat, changement de décor : nous espérons bien faire de ces dernières semaines de voyage de belles semaines de vacances. Malgré ce changement subtil d’esprit et l’argument sécuritaire dont on nous rabat les oreilles, nous restons très attentifs à nos porte-monnaie.

Nous trouvons le bus public qui nous dépose dans le centre commercial dont la rue principale est peuplée de locaux venus faire leurs emplettes. Nous peinons un peu à trouver une pousada : heureusement, un jeune homme de l’office du tourisme nous interpelle et nous propose de contacter des hôtels pour nous. C’est la saison haute et entre les brésiliens et les européens en vacances, les logements sont pris d’assaut. Après quelques appels, il nous indique un petit hôtel légèrement à l’écart où nous trouvons une chambre modeste et aux allures de bunker. Elle est propre, les propriétaires sont sympathiques et nous sommes fatigués du voyage : nous y posons donc nos bagages pour quelques jours.

Ancienne colonie française, dont le nom fait écho à celui de nos rois, la ville allie jolies bâtisses, rues pavées et habitations décrépies. Les gens trainent dans les rues, s’adossent au pas de leur porte en sirotant une bière et en écoutant de la musique brésilienne. Nous les mimons et trouvons une petite table sur la place centrale : en ce vendredi soir, touristes et locaux se mêlent pour profiter de la soirée, boire quelques capirinas tout en écoutant des artistes locaux. L’ambiance est à la fête et aux vacances, la place et le marché attenant sont bondés et remplis de bonne humeur : il fait bon trainer, se prélasser et diner dehors. En rentrant à l’hôtel, nous découvrons que de nombreux concerts sont donnés dans des recoins : les gens boivent, chantent, dansent un peu partout dans la ville, dans un mélange de styles très éclectique.

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Pour débuter la journée, nous prenons quelques renseignements sur les excursions possibles dans les Lencois. Nous nous rendons vite compte, un peu horrifiés, que si nous souhaitons sortir des circuits classiques, il nous faudra débourser une petite fortune. Après réflexion, marcher pendant trois jours dans un désert aussi magnifique soit-il, ne nous semble plus être une bonne idée. Nous décidons donc de nous rendre à Barreirinhas et d’y trouver sur place les excursions adéquates.

Nous poursuivons notre découverte de la ville au fil des azulejos qui tapissent la plupart des murs de bâtiments. Les rues deviennent parfois salons de beauté où se pratiquent à l’air libre manucures et pédicures, ou aire de jeux pour des enfants inventifs qui transforment des sacs poubelles en ballons flottant dans les courants d’air.

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Pour passer l’après-midi et se rafraîchir, nous décidons de rejoindre une des plages des environs mais le bus ayant mis plus d’une heure nous ne l’atteignons que pour le coucher du soleil. Nous marchons alors au bord de l’eau et regagnons une plage plus animée bordée de baracas et bars où ont pris place les habitants pour l’apéro. Ce quartier de la ville tranche complètement avec le centre historique : ici toutes les constructions sont récentes et modernes, pas toujours de très bon goût, et le tout ressemble aux cités côtières américaines.

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De retour dans nos quartiers, nous faisons un petit détour par une discothèque en plein air où la jeunesse arbore des T-shirts siglés roses et bleus, et se prépare à une nuit de débauche. Les échoppes improvisées à l’entrée y proposent des grillades mais aussi beaucoup d’alcool.

Pour notre part, c’est sur la place centrale et au pied de notre arbre que nous préférons nous réfugier. Nous profitons des douces tonalités d’une chanteuse brésilienne, qui accompagne notre diner pris à emporter à l’étale d’une mama créole.

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Le dimanche matin, les rues sont fantomatiques : pas une âme qui vive dans le centre de la ville. Nous nous hâtons pour prendre le bateau de 9h pour Alcantara. Soucieux des marées, il part finalement un peu plus tôt mais après quelques minutes de navigation se retrouve ensablé. Nous espérons ne pas avoir à attendre la prochaine marée quand une petite barque approche. Elle transporte les passagers jusqu’à un autre catamaran partant de la ville nouvelle. La traversée est longue et houleuse, le mal de mer n’est pas loin. Une tong de Céline est perdue dans la bataille. Nous débarquons donc après 3 heures et demie de « navigation » dans la ville d’Alcantara, accueillis par quelques magnifiques mais furtifs ibis rouges.

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Premier objectif : trouver une autre paire de tongs pour Céline qui boitille dans les rues de pierres chauffées par le soleil. Au vue du peu d’animation dominicale, elle se résout à acheter une paire de tongs en paille et à fleur, qui se révèlent bien moins confortables pour la marche que ses bonnes vieilles Havaianas.

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La ville présente quelques ruines et de jolies maisons coloniales colorées. Après un déjeuner un peu lourd de salgados, nous nous réfugions pourtant au frais dans la salle vidéo du musée de l’aérospatiale brésilien. Fatigués par le trajet du matin et assommés par la chaleur, nous ne sommes pas des plus motivés pour poursuivre la balade dans des rues complètement désertées.

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A l’heure indiquée du retour, notre groupe n’est pas là. Nous ne savons pas quel bateau prendre et finissons par être pris en pitié par un groupe de touristes brésiliens sur leur gros catamaran. Ils nous ramènent donc à San Luis tels des bateau-stoppeurs.

La journée s’étant révélée bien plus éprouvante que prévue, pour pas grand-chose finalement, nous sommes heureux de la conclure, comme à notre nouvelle habitude, par un brin de musique arrosé à notre table fétiche.

Date : du 20 au 23 Août

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