Rio de Janeiro : nous n’oublions pas de monter là haut !

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Après 4 heures de trajet, nous débarquons à la gare routière de Rio de Janeiro. La première approche de la ville est assez particulière : nous nous trouvons au milieu de ce qui ressemble très fortement à des favelas, aux immeubles précaires et rues crasseuses. Nous décidons de prendre un bus local pour rejoindre Ipanema, un des quartiers les plus chics et sûrs de la ville.

Le trajet dure une éternité, le bus traversant des quartiers pouilleux à toute allure avant de se retrouver coincé dans les embouteillages du centre-ville très commercial et grouillant. Nous avons quand même la chance d’apercevoir le fameux Pain de Sucre et la plage de Copacabana, mais sous le ciel gris leur effet est moins spectaculaire qu’une carte postale retouchée. Après plus d’une heure de transbahutage, nous arrivons enfin à Ipanema. Nous déjeunons rapidement dans un bistro basique puis partons à la recherche d’un logement pour les trois prochains jours.

Il n’est pas évident de trouver quelque chose de bien à des prix raisonnables et nous errons une bonne heure entre hôtels vieillots hors de prix et auberges lugubres avant de tomber sur une petite pousada non dénuée de charme. Malheureusement, à peine allongés, la responsable de l’hôtel nous apprend que l’une des deux chambres est finalement prise. Nous devons donc changer de chambre, mais l’échange se révèle bien décevant, la nouvelle chambre n’étant pas complètement finie et l’un des lits étant dur comme de la pierre. Lorsque Quentin redescend pour savoir ce qu’il est possible de faire pour arranger la situation, c’est avec un peu de mépris que la jeune femme lui répond que « elle est occupée et elle ne peut rien faire ». Au bout d’une demi-heure d’aller retour et de discussions, nous finissons par changer de chambre et aller dans un dortoir où les lits sont bien plus confortables.

Après cette petite mésaventure, nous nous décidons enfin à sortir explorer les alentours et voir la mythique plage d’Ipanema. Nous nous baladons de poste en poste le long de la mer, alors que des cours de football pour filles se tiennent dans le sable, que des jeunes hommes s’entraînent au futevolley et que des nombreux joggeurs courent sur la piste cyclable. L’image des brésiliens prenant soin de leur corps se vérifie de pas en pas.

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Arrivés dans Leblon, nous nous décidons pour un concept de restaurant très répandu au Brésil : un buffet au kilo. Le principe est simple : muni d’une assiette, nous faisons le tour des buffets de salades et crudités, de plats chauds et de salgados, et nous servons dans les grands plats appétissants. L’assiette est ensuite pesée et un ticket nous est tendu avec le prix à payer à la fin du repas. Autour de nous, toutes sortes de cariocas prennent aussi leur dîner : collègues de travail finalisant un dossier, familles de classe aisée, amis papotant…L’ambiance est à l’insouciance et au plaisir.

Le lendemain, nous débutons notre journée par la visite du quartier de Santa Teresa. Après avoir traversé la « quasi » autoroute qui longe la plage, nous entamons l’ascension de ce quartier escarpé. Une fois arrivés en haut, la ville s’offre à nous et nous avons un peu de mal à trouver une cohérence dans ce patchwork où se côtoient belles et anciennes maisons, immeubles récents, véritables taudis et petits bouts de forêts tropicales…

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Nous redescendons vers le quartier de Lapa en prenant l’escalier le plus connu du coin, d’un style un peu farfelu, décoré par l’artiste chilien Selaron avec du carrelage de récupération ou des carreaux venant des quatre coins du monde. Nous retrouvons Paris et quelques provinces françaises au milieu des azulejos portugais, des moulins hollandais et autres curiosités européennes. En somme, une bonne illustration de ce que le quartier peut renfermer de caractère bohème.

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Curieux d’en découvrir d’autres aspects, nous décidons de remonter au cœur de Santa Teresa mais, cette fois, à la manière des cariocas : par le tramway « bondinho ». Si ce moyen de transport était très utilisé par les business men et la bourgeoisie il y a quelques années, désormais et à cette heure de la journée, ce sont surtout les touristes qui l’investissent. Nous montons donc entre son de cloches et crissements métalliques à travers les ruelles du quartier. Nous débusquons un très chouette restaurant de spécialités brésiliennes, et profitons de la douceur du climat, des rayons du soleil et des bonnes timbales de riz aux saveurs exotiques, sur la terrasse au calme de la ville.

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La discussion sur le développement durable qui anime la fin du repas, nous en fait oublié notre visite de Santa Teresa et nous guide, portés par nos pas, jusqu’au quartier de Urca au pied du Pain de Sucre. Dans un style un peu différent, le même calme règne sur cette zone très résidentielle et chic. La douce luminosité automnale rend la promenade le long de la plage particulièrement agréable et nous fait presque oublier que l’heure avance et qu’il va falloir se dépêcher si nous souhaitons être au sommet du Pao de Açucar pour le coucher de soleil.

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Pour monter, deux options existent : escalader cet impressionnant mur de granit vénéré dans la communauté de grimpeurs (option écartée de suite) ou bien emprunter les très sécurisés (très chers et très touristiques) téléphériques.

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Par chance, nous arrivons à nous glisser dans la première fournée et atteignons le sommet quelques secondes avant que le soleil ne disparaisse au loin. Sans être à tomber par terre, la vue est jolie et révèle la géographie particulière de la ville, bande urbanisée concentrée le long de la côté et rusant avec les petits monts éparpillés. Le ballet des avions qui atterrissent et décollent depuis l’aéroport domestique, dont la piste nous paraît bien courte, bordée de part et d’autre par la mer, constitue aussi une drôle d’animation. Le froid s’emparant de notre sommet, nous ne nous éternisons pas, regardons distraitement un film sur l’histoire du téléphérique (avec des témoignages de français, un peu bovins et pas très flatteurs pour notre patrie) et rejoignons la terre ferme.

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Pour le dîner, nous poursuivons notre découverte culinaire du pays et dégustons quelques spécialités symboliques des conditions de conservation difficiles des aliments dans certaines régions du pays : la carne del sol et la carne seca, deux « pièces de viandes » plus ou moins séchées et salées au vent et soleil. Accompagnés d’une petite purée de potiron, des traditionnels haricots et de riz, nous gardons un souvenir très précis des filaments de bœuf séché dont nous nous sommes régalés.

Le lendemain, nous voilà repartis pour les hauteurs avec cette fois l’ascension du Corcovado. Le Christ rédempteur offre aux nombreux « pèlerins » une vue époustouflante de la ville, de ses plages et de ses forêts à peine à quelques encablures. Tous se pressent et se poussent pour se photographier avec la statue imposante, cadeau du Vatican à cette importante nation qu’il espérait bien convertir. Dans les faits, et malgré les nombreuses églises, nous ne retrouvons absolument pas la ferveur argentine et restons assez perplexes face à la prolifération de « maisons du seigneur » en tout genre.

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Ayant un peu de mal à trouver nos repères dans cette ville complexe et à en capter l’esprit, nous décidons de nous offrir un bol d’air et de rejoindre la Foresta de Tijuca, le parc national le plus proche du centre ville. Le trajet est peu long mais en vaut vraiment la chandelle. Les gratte-ciel font place aux bananiers, le chant des oiseaux remplace le bruit assourdissant des klaxons, les embouteillages sont loin derrière nous sur des sentiers perdus, et enfin les cariocas s’effacent devant nos amis les coatis. Cette jungle offre la promesse de magnifiques balades et nous regrettons qu’il ne nous reste pas plus de jours pour parcourir les jolis sentiers, gravir les montagnes et s’offrir quelques agréables piqueniques. Avant que la nuit ne tombe, nous avons tout de même le temps de découvrir une jolie cascade, crapahuter dans la forêt, traverser un court d’eau et s’extasier devant de magnifiques fleurs en plastique…

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Pour regagner la ville, nous attrapons au vol un bus bondé et nous calons tant bien que mal à l’avant. Le chauffeur, dans une course effrénée avec lui-même, nous offre une véritable leçon de conduite et quelques sueurs froides, dans les virages sérés dont nous pouvons apprécier de très prêt chacun des pilonnes électriques…Un peu fatigués par la journée et, par avance, par le réveil matinal qui nous attend le lendemain, nous nous séparons de Sonia et Gauthier qui souhaitent assister à une leçon de samba. Au cours du diner, où nous nous retrouvons par hasard, ils nous dressent une image conviviale de ces cours où des gens de tous horizons et de tous âges se retrouvent pour partager quelques pas de danse, comme nous pouvons partager un apéro entre amis à Paris.

L’heure des séparations est arrivée : demain, nous retrouverons notre vie de baroudeurs dans le Nord du Brésil alors que nos acolytes de quelques jours rejoindront leur petit Tristan laissé aux bons soins des grands parents.

Du 17 au 20 Août

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