Brésil : J'aime / J'aime pas

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A venir

Salvador : point final !

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Une longue journée de bus se profile quand nous quittons Penedo sur les coups de 6h du matin. Le ciel et gris et quelques gouttes commencent à tomber sur la ville endormie quand le bus s’ébranle. Il s’agit d’un bus longue distance mais pourtant il ne cesse de marquer des arrêts pour prendre ou déposer des passagers, sûrement des travailleurs se rendant dans les villages voisins.

La campagne que nous traversons nous rappelle parfois celle de la Great Ocean Road en Australie : des champs vallonnés d’un vert menthe à l’eau, quelques improbables cocotiers en plus. Les heures défilent lentement dans ce paysage devenant monotone. Seuls quelques coups de téléphone ou SMS d’amis, nous pensant déjà rentrés, viennent perturber notre somnolence et nos pensées mélancoliques. Demain, dernier jour d’école buissonnière : nos huit mois de vagabondage en tête à tête vont prendre fin d’un coup, avec un vol nous ramenant sur le sol européen. Nous réalisons avec peine que c’est effectivement la fin : avec nos intermèdes familiaux, nous avons déjà un pied à la maison, et d’un autre côté, nous nous apprêtons à prendre l’avion comme un nouveau bus pour une ville lointaine à découvrir. Toutes ces pensées se heurtent dans nos têtes.

Le voyage se termine enfin, après presque 12h de route, dans une Salvador très embouteillée. Nous mettons encore une heure pour atteindre le centre ville. Quentin se charge une dernière fois de rechercher un toit pour la nuit et trouve une auberge bon marché dans le centre. Pas un palace pour la dernière nuit, mais une chambre modeste et propre à l’image des 8 mois écoulés.
Pour le dîner, malgré un petit loupé, nous nous offrons en revanche un joli cadre. Une tête de bouddha posée dans un décor intime et cosy nous renvoie aux premiers jours de notre périple. Les saveurs sont d’inspiration asiatique et referment agréablement notre boucle voyageuse.

Le lendemain, nous nous levons tôt pour profiter des quelques heures nous séparant de notre vol et visiter Salvador. Les rues au pavage irrégulier, les maisons colorées, les belles églises, les tambours sont devenus familiers et nous ne les regardons plus que d’un œil distrait.

Pontal de Coruripe : sur les chemins du paradis !

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Notre indécision est palpable. Après beaucoup de temps passé sur les routes brésiliennes, nous regrettons fortement de ne pas avoir passé plus de temps dans le sud du Brésil, là où les petites criques exotiques sont bien plus à notre goût et où le beau temps s'est enfin installer… Les jours s'égrènent inexorablement et nous recherchons éperdument notre petit paradis.

Nous nous retrouvons coincés à la gare de bus de Recife pour quelques heures. Le système de transport brésilien ne facilite vraiment pas notre voyage et nous sommes vraiment excédés du monopole des compagnies pour chacune des destinations.

Nous jouons notre dernière carte avec le village de Pontal de Coruripe. Malheureusement, la chance ne nous sourit toujours pas puisque, la route étant mauvaise, nous ratons notre connexion et devons passer une nuit à Maceio. La pluie tombe et nous nous accordons un hotel plus cossu pour conjurer le sort.

Le lendemain, nous filons vers notre destination et longeons pendant près de 3 heures la côte. De rares éclaircies se glissent au milieu d'épais nuages chargés de pluie. Nous faisons fis de ce temps capricieux et préférons nous réjouir de la découverte de la fantastique pousada de Ada : l’accueil de cette ancienne soixante-huitarde polyglotte est exemplaire et le décor simple mais raffiné des bungalow nous correspond complètement. Le calme règne, le jardin fleuri est parfait, les chats sont rois : nous avons enfin trouvé le lieu rêvé !

Nous profitons de chaque minute de chacune de ses précieuses journées passées à Coruripe. Le temps s’écoule doucement mais langoureusement. Nous profitons des éclaircies pour nous baigner et nous balader sur la longue plage, de village en village. Nous nous relaxons en discutant avec la joyeuse Ada. Et, pour ne rien gâcher, nous nous délectons de petit-déjeuners gargantuesques et d’excellents repas arrosés de caipirinhas ! La table que nous partageons successivement avec deux jeunes allemandes et un couple d'espagnols regorge de mets locaux, préparés par les soins précis de la fille adoptive de Ada.

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Quand le temps vient de quitter ce havre de paix, nous ressentons un véritable déchirement. Quel dommage que nous n'ayons pas commencé par là ! Même si le village aux rues de sable ne révèle pas d'activités trépidantes, la vie y est si douce, chouchoutés par notre hôtesse.

Les images des derniers mois refoulent dans nos mémoires, les paysages défilent fardés de nostalgie...Ce dernier départ sonne en un seul coup la fin de nos vacances et la fin de notre tour du monde...

Date: du 30 Aout au 2 Septembre

Olinda : la linda

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Débarqués de bonne heure à Recife, nous découvrons les joies de la grève des métros brésiliens. Le trajet qui aurait dû être rapidement expédié se solde par un enchainement de bus, traversant des zones industrielles et militaires, avant de rejoindre lentement la cité historique d’Olinda.

La ville ne manque pas de pousadas mais pourtant nous avons bien du mal à poser nos sacs à dos. La notoriété de la ville, couplée à l'ouverture sous peu d'un festival d'arts, font grimper les prix de manière complètement inconsidérée. Nous parcourons la ville, tantôt seuls, tantôt accompagnés de rabatteurs, jusqu'à jeter notre dévolu sur la toute première auberge visitée avec sa chambre glauque mais à des prix raisonnables. Cela fait bien longtemps que nous n'avons pas élu domicile dans une piaule aussi pitoyable...

Après un peu de repos et une douche dans la salle de bain microscopique, nous décidons de crapahuter un peu dans les vieilles rues restaurées. Nous découvrons alors une sorte de Parati en plus bohème et plus escarpée. La vue depuis la place de Sé sur les buildings de Recife est magnifique.

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Les batimets coloniaux multicolores ne surprennent plus nos yeux aguerris et seuls quelques grafitis détonnant dans la citée musée attirent nos regards. 

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La ville n'est pas très étendue et nous en faisons rapidement le tour. De plus, les plages de la région ne sont pas recommandées : des requins rodent et les attaques sont fréquentes...Pas de quoi nous éterniser et notre logement ne nous pousse pas non plus à nous sédentariser.

Avant de reprendre la route, nous profitons quand même d'une bonne soirée dans un excellent restaurant. Même s’il ne s’agit pas de l’Officina del Sabor, nous y dégustons une spécialité remarquable de crevettes revenues et servies dans une coco fraîche. La douceur de la nuit pousse les brésiliens dans les rues : les bars des quartiers populaires sortent les tables sur les trottoirs, le parc avoisinant notre pousada résonne du son des tambours et la jeunesse se presse autour des stands de spécialités installés dans la journée.

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Date : du 28 au 29 Août

Canoa Quebrada : un ersazt de Jericoacoara?

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Nous atteignons la gare routière de Fortaleza au tout petit matin : à tout juste 4 heures, nous découvrons un grand hall un peu glauque où des passagers attendent déjà leur bus, endormis sur des bancs peu confortables. Nous faisons un tour rapide des guichets pour identifier celui qui nous concerne et son heure d‘ouverture puis rejoignons les autres dormeurs.

Environ une heure plus tard, une petite activité démarre dans la gare routière : les guichets ouvrent les uns après les autres, et les premiers bus s’en vont en direction des villes de l’état. Toujours indécis, nous finissons par prendre des tickets pour Canoa Quebrada.

Après les quelques heures passées à rêver au paradis de la ville promise, la déception est grande à notre arrivée : la rue principale est bordée de boutiques et restaurants touristiques ; rien qui ne rappelle le petit village de pêcheurs promis dans les guides. De plus, un énergumène, persistant à nous proposer mille et une pousadas, ne nous lâche pas et nous fait perdre notre temps. 

Au bout d’une petite heure, nous finissons par prendre un hôtel qui nous semble être le meilleur rapport qualité/prix: un petit bungalow blanchi à la chaux, une belle piscine et la terrasse du petit déjeuner qui donne sur la mer. Pour nous réconcilier avec la ville, le gérant nous autorise à prendre le petit déjeuner, qui s’avère fameux avec un très beau buffet complet.

Contre mauvaise fortune bon cœur, nous décidons de rester ici quelques jours pour éliminer un peu notre fatigue et essayer de profiter un peu de la région. Le programme est donc simple : farniente au bord de l’eau suivi de balades sur la promenade en bord de mer. Malheureusement, la plage, sur laquelle des dizaines d’éoliennes ont été posées, n’est pas très large, encombrée de bars à la musique vocivérante et pas bien propre entre les algues peu ragoutantes et les nombreux détritus. Dans un tel décor, nous ne mettons même pas un doigt de pied dans l'eau et en oublions presque d'examiner les drôles de bateaux à fond plat derniers vestiges d'authencité.

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Dans la pousada, nous faisons la rencontre deux jeunes belges, rêvant également à un tour du monde. Nous partageons notre expérience du Brésil et écoutons avec amusement leur récit des tiraillements et des projets de scission de leur pays dont nous n’avons eu que peu d’échos.

Depuis la terrasse, le bleu insolent de la mer nous nargue et nous décidons de prendre un peu le large et de nous rendre dans une autre station, plus au Nord : Morro Branco. Malgré les quelques connexions de bus un peu laborieuses, nous ne sommes pas déçus du déplacement : les falaises sont superbes et la large plage de sable blanc déserte. Dans ce cadre magnifique, nous en profitons pour tourner au bord de l’eau  le morceau de lipdub pour Marc et Sarah qui se marient début septembre. Une installation astucieuse et quelques répétitions et nous voilà enfin prêts pour jouer les chanteurs amateurs. "I've got a feeling..."

Après quelques plongeons rafraîchissants, nous poursuivons notre balade par une longue marche sur la plage aux pieds des falaises tantôt blanches tantôt ocres jusqu’à des bars où nous déjeunons de poissons. Une petite baignade postprandiale bien agréable dans les rouleaux que de drôles d'embarcations de pécheurs surfent avec dextérité clôture notre escapade.

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A peine rentrés à Canoa Quebrada, nous filons diner dans un excellent et copieux restaurant tenu par un Français. Quelques caipirinhas clôturent ainsi en beauté  notre escapade au large de Fortaleza.

Date : du 25 au 27 Août

Lençois Maranhenses : désert laqué

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Quatre heures de van mises à profit pour prolonger notre nuit et nous arrivons dans la petite ville de Barreirinhas, porte d’entrée pour le parc de Lençois. Déjà, à proximité de l’agence qui vient de nous transporter, une dune se dresse comme un modeste préambule à l’immensité de sable qui nous attend. Nous commençons une fois encore par la recherche d’un logis pour la nuit et élisons résidence dans un petit bungalow qui a la bonne idée d’être équipé de la climatisation. Une fois ce problème réglé, nous nous rendons dans l’agence de tourisme qui nous avait été recommandée à Sao Luis. Toutes proposent exactement les mêmes services : des tours en 4x4 jusqu’aux dunes et des balades en barques jusqu’à l’embouchure de la rivière.

A 14 h, nous nous tenons donc prêts pour embarquer à bord de notre curieux 4x4 à ciel ouvert : alors que le chauffeur et le guide se trouvent dans l’habitacle, nous prenons place avec 14 autres touristes sur des sièges surélevés sous une bâche. Une fois la ville et la rivière traversées, la route se transforme en piste ensablée. Nous nous cramponnons fortement pour résister aux embardées et sauts répétés qui rendent le trajet digne d’un vrai manège à sensations fortes. Nos camarades argentins sont tout excités et accompagnent chaque mouvement brusque de cris sonores. Malgré les secousses et les branchages en pleine figure (et oui, nous avons pris les places au 1er rang…), nous profitons des paysages de sable où des champs d’arbres à cajou font la richesse des quelques villages égarés. Les écoles dotées de terrains de foot improvisés paraissent surréalistes dans cet isolement complet.

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La solitude des lieux est soudain rompue par la vision d’autres voitures garées et de petites échoppes au pied d’un immense amas de sable. Nous voilà donc arrivés à destination, à l’entrée du parc dont on nous a tant parlé.

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Nous grimpons rapidement en haut de la dune et découvrons devant nous une immensité toute bosselée. Le sable s’étend à perte de vue, entrecoupé de lagunes d’eau de pluie. Nous avançons, parfois péniblement, dans le sable si fin et blanc pour rejoindre une des plus fameuses retenues d’eau, la Laguna Bonita. Alors que nous nous attendons à découvrir un petit lac aux eaux turquoise, c’est une piscine où des micro-organismes et algues se sont développés qui nous est proposée pour la baignade. Nous préférons nous isoler un peu et cherchons un bain moins peuplé…sauf par de petits poissons farceurs qui viennent nous mordre gentiment. A cette période de l’année, l’eau s’est en partie évaporée et de nombreuses lagunes se retrouvent presque à sec.

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Dans cet espace infini, nous imaginons aisément avec quelle rapidité nous pourrions nous perdre, nos traces de pas étant vite effacée par le vent qui souffle sans cesse. Nous nous baladons donc prudemment dans les dunes en suivant leurs contours et grimpant fréquemment à leur sommet. Nous rejoignons comme convenu le groupe pour assister au couché du soleil avant de regagner la ville, de nuit et par le même chemin tourmenté.

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Alors que tous les 4x4 convergent vers le bac permettant de traverser la rivière, un embouteillage se forme et des cuisinières brésiliennes en profitent pour monnayer leur talent autour de quelques crêpes faites à partir de simple farine de tapioca. La poudre initiale s’agrège sous l’effet de la chaleur de la poêle et, agrémentée de coco ou sucre concentré, la petite crêpe granuleuse se déguste en deux bouchées. Notre tour arrive et nous voilà de retour dans notre petit bungalow…envahi par de malicieuses fourmis qui ont trouvé dans un de nos sacs à dos un reste de gâteau du petit-déjeuner. Nous les chassons à coups de tong et partons diner au bord de la rivière d’un simple bol de riz sauté.

Nous nous interrogeons sur la suite du séjour : nous ne regrettons finalement pas d’avoir écarté l’option marche de 3 jours dans les dunes, bien qu’elles soient somptueuses, et nous nous demandons si rester quelques jours de plus pour descendre la rivière jusqu’à Atins et s’y reposer vaut vraiment le coup. Nous décidons finalement de pousser un petit peu plus loin : plusieurs noms semblent prometteurs aux environs de Fortaleza comme Jericoacoara, Canoa Quebrada, même si le trajet pour s’y rendre s’annonce long et compliqué. Un trajet où se succèdent 4x4, bus, bac, buggy, sur plusieurs jours…

Nous prenons le pari et attrapons le premier 4x4 le lendemain pour se rendre via la côte et les pistes de sables jusqu’à Paulino Neves puis Tutoia. Nous partageons la jeep publique avec quelques brésiliens et un autre Français, Antoine, dont la conversion passionnante nous fait passer un excellent moment. Entrepreneur, directeur marketing, passionné de nouvelles technologies et de philosophie, il nous parle de son travail, de ses projets et de sa vision de la réussite professionnelle. Au milieu de paysages complètement déconnectés de ce monde où le business est maître, nous sommes tiraillés entre notre vie actuelle de backpackers et notre vie passée/future de jeunes cadres dynamiques, entre l’envie de tirer le plus possible de nos derniers jours de vadrouille et de retrouver les stimuli intellectuels de notre quotidien parisien. Complètement absorbés, notre regard ne s’attarde pas sur les villages côtiers isolés, aux rues de sables et maisons blanchies à la chaux, et dont les seuls revenus proviennent de la culture de cajou et de la pêche.

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Nous hésitons toujours sur notre destination finale : Jericoacoara est réputé pour son isolement dans des paysages superbes mais aussi pour la horde de touristes qui envahissent le village et font grimper les prix des hôtels de luxe. Ce dernier aspect nous rebute un peu et nous repoussons jusqu’au dernier moment, à Parnaiba, le verdict. Finalement, c’est un planning de bus qui décide pour nous : pour rejoindre Jeri il nous faudrait passer la nuit dans un autre village alors qu’un bus de nuit nous conduit directement à Fortaleza d’où il sera plus facile de rayonner. Ayant tiré les leçons de nos lectures, nous nous armons de nos sacs de couchage pour affronter la climatisation du bus, nous séparons en chemin de notre compagnon qui préfère se rendre à Jeri où sont des amis, et nous endormons jusqu'au petit matin.

Date : du 23 au 24 Août