Salvador : point final !
Une longue journée de bus se profile quand nous quittons Penedo sur les coups de 6h du matin. Le ciel et gris et quelques gouttes commencent à tomber sur la ville endormie quand le bus s’ébranle. Il s’agit d’un bus longue distance mais pourtant il ne cesse de marquer des arrêts pour prendre ou déposer des passagers, sûrement des travailleurs se rendant dans les villages voisins.
La campagne que nous traversons nous rappelle parfois celle de la Great Ocean Road en Australie : des champs vallonnés d’un vert menthe à l’eau, quelques improbables cocotiers en plus. Les heures défilent lentement dans ce paysage devenant monotone. Seuls quelques coups de téléphone ou SMS d’amis, nous pensant déjà rentrés, viennent perturber notre somnolence et nos pensées mélancoliques. Demain, dernier jour d’école buissonnière : nos huit mois de vagabondage en tête à tête vont prendre fin d’un coup, avec un vol nous ramenant sur le sol européen. Nous réalisons avec peine que c’est effectivement la fin : avec nos intermèdes familiaux, nous avons déjà un pied à la maison, et d’un autre côté, nous nous apprêtons à prendre l’avion comme un nouveau bus pour une ville lointaine à découvrir. Toutes ces pensées se heurtent dans nos têtes.
Le voyage se termine enfin, après presque 12h de route, dans une Salvador très embouteillée. Nous mettons encore une heure pour atteindre le centre ville. Quentin se charge une dernière fois de rechercher un toit pour la nuit et trouve une auberge bon marché dans le centre. Pas un palace pour la dernière nuit, mais une chambre modeste et propre à l’image des 8 mois écoulés.
Pour le dîner, malgré un petit loupé, nous nous offrons en revanche un joli cadre. Une tête de bouddha posée dans un décor intime et cosy nous renvoie aux premiers jours de notre périple. Les saveurs sont d’inspiration asiatique et referment agréablement notre boucle voyageuse.
Le lendemain, nous nous levons tôt pour profiter des quelques heures nous séparant de notre vol et visiter Salvador. Les rues au pavage irrégulier, les maisons colorées, les belles églises, les tambours sont devenus familiers et nous ne les regardons plus que d’un œil distrait.
La prudence est de mise dans cette ville réputée pour ces petits crimes en tout genre. Nous restons donc dans les rues les plus passantes, et lorsque nous pensons emprunter une rue plus calme, nous suivons les conseils d’un local qui nous invite prestement à faire demi-tour.
L’heure est enfin venue d’enfiler pour une dernière fois nos sacs à dos et de nous diriger vers l’aéroport. Quand nous montons dans le bus public qui nous y conduit nous repensons à ce couple de français qui nous avait assuré qu’il n’existait par d’autres moyens que le taxi pour s’y rendre. A comparer à leur 80 Reals, nos 5 Reals sont un régal.
Et les heures d’attente et de vols s’enchainent pour nous mener jusqu’à Rio, à Londres, puis à Paris. Nous manquons de justesse l’occasion de passer quelques jours de plus parmi les cariocas. En effet, l’avion est tellement complet que deux personnes se retrouvent en surbooking et cherchent à échanger leur situation du fait de contraintes fortes. Les agents de BA viennent nous voir pour nous proposer deux jours tous frais payés dans un hôtel d’Ipanema ainsi que 500 Pounds de dédommagement. Nous refusons dans un premier temps pensant à nos familles puis nous disons qu’une telle occasion ne se représentera pas : qu’est ce que 2 jours de plus après 8 mois d’absence ? Nous revenons vers les agents qui nous apprennent que nous pouvons tout aussi bien rentrer le lendemain sur un vol AF : encore mieux, nous acceptons la proposition. Nous repassons donc tous les contrôles de douane, nos bagages sont sortis de l’avion…lorsque nous apprenons que les deux surbookés ont finalement décidé de rester. Désolé, le chef d’escale nous reconduit à l’avion après un nouveau tour à la douane. C’est peut être mieux comme ça…
A Londres, nous arrivons à avancer nos billets, l’hôtesse prenant pitié de notre fatigue. A 18h30, nous retrouvons nos familles : même lieu, mêmes protagonistes qu’il y a 8 mois. Nous ne pouvons nous empêcher de nous dire que rien n’a vraiment changé…
Date : du 4 au 5 Août
Publié :
vendredi 12 novembre 2010
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1 comments:
Quel plaisir j'ai pris à suivre vos pérégrinations ! Je ne manquerai pas de vous relire ... Merci pour toutes ces informations qui je l'espère me serviront à mon tour ...
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