D’Ollantaytambo à Aguas Calientes : Comme pour la RATP, vas-y avec tes pieds…

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Etape 1 – Ollantaytambo > Santa Maria

Réveillés de bonne heure, nous rejoignons la place centrale d’Ollantaytambo pour y attendre l’hypothétique bus permettant de rejoindre Santa Maria. Nous nous renseignons à nouveau sur la grève et, à nouveau, nous obtenons des informations complètement incohérentes. Il nous faut donc patienter en sirotant maté de coca et café, et en grignotant des petits pains complets achetés à une petite dame avec son grand panier. Au bout de 3 heures, nous commençons sérieusement à douter et envisageons de plus prêt l’option taxi. Passer de 40 à 200 sols ne nous enchantent guère et nous regardons un peu autour de nous si d’autres touristes semblent attendre le foutu bus. Il y a bien quelques groupes de jeunes mais nous comprenons vite qu’ils sont en partance pour le trek du chemin de l’inca, tout organisé. Finalement, deux anglo-saxonnes s’approchent : elles souhaitent aussi se rendre au Machu Picchu par la voie détournée (mais la plus économique…). Ni une ni deux, nous sautons sur l’occasion, négocions un taxi et embarquons avant qu’elles ne changent d’avis.

Nous sommes partis pour 3 heures de route selon le conducteur. La route qui serpente jusqu’à un col est magnifique ; la descente se fait dans une végétation de plus en plus dense et nous sommes heureux de retrouver la selva et ses plantes exotiques. En chemin, le conducteur se renseigne sur l’état de la route : la grève est toujours active et quelques dissidents bloquent la route en amont de Santa Maria. Il ne nous sera donc pas possible de faire l’intégralité du chemin en voiture… A vitesse modérée, le taxi se rapproche de la « zone de démarcation » : des cas de jets de pierre ont été rapportés et nous comprenons bien qu’il ne souhaite pas se faire canarder sa voiture presque neuve. Il nous dépose donc quelques mètres avant le barrage et nous recommande de prendre une autre voiture une fois celui-ci traversé.

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Les deux jeunes femmes (neo-zélandaise et écossaise) voyagent aussi depuis quelques mois et semblent beaucoup plus attentives que nous à leur budget. Nous sommes un peu surpris lorsqu’elles rechignent à payer le prix négocié, protestant que le contrat n’est pas rempli par le taxi. Elles finissent malgré tout par payer leur dû mais témoignent d’une certaine animosité à notre encontre, nous qui avons considéré que le risque pris par le chauffeur valait bien les 5 sols qu’elles souhaitaient lui déduire. C’est d’autant plus incompréhensible pour nous qu’elles parlaient juste avant de parapente à Mendoza, petite sortie aux alentours de 80$, soit 240 Sols !

Nous partons donc tous les quatre en direction du barrage. Celui-ci n’a rien d’impressionnant : quelques banderoles, des pneus brûlés et des pierres… Mais il bloque bien le passage à tout véhicule. Une fois n’est pas coutume, nous n’arrivons pas à savoir à combien de temps se trouve Santa Maria et comment s’y rendre en voiture. Apparemment, la route est aussi bloquée un peu plus loin et il est préférable d’atteindre le village suivant. Nous marchons d’un bon pas devançant de quelques mètres nos deux ronchonnes quand une voiture s’arrête à leur hauteur. Sans même nous en toucher un mot, elles s’y enfournent et nous dépassent à vive allure. Décidément, pas très sympathiques les minettes !

Nous poursuivons notre marche au milieu des caféiers, palmiers, bananiers, orangers, dépassant plusieurs villages et deux autres barrages. A chaque fois que nous nous aventurons à demander le temps nécessaire pour rejoindre Santa Maria, une heure s’ajoute au décompte…Exaspérés et abrutis par le soleil, nous voyons bien passer quelques automobiles bénéficiant apparemment de passe-droit mais aucune ne daigne nous prendre en stop. Au bout de 3 heures de marche, nous atteignons finalement le village, accompagnés d’un péruvien qui doit lui-même se rendre à Quillabamba, quelques kilomètres plus loin. Une douche (froide) plus tard, nous ne sommes pas mécontents de déguster une bière bien fraiche et d’écouter les explications d’une péruvienne éméchée sur le pourquoi de la grève. « Vous trouvez ça normal, vous, que le gaz soit trois fois plus cher ici qu’à Lima alors qu’il est produit dans la région ? » (répété en boucle pendant un bon quart d’heure). Non, nous ne trouvons pas ça particulièrement justifiable mais bon, quitte à faire un coup d’éclat, les manifestants feraient bien mieux de bloquer le train pour le Machu Picchu : compte tenu de l’enjeu touristique, en deux temps trois mouvements, leurs revendications seraient sûrement exaucées.

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Date : du 7 au 9 août.

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