Maras et Ollantaytambo : phénomènes paranormaux ?
Parés pour les cinq prochains jours (un T-shirt, deux culottes, deux paires de chaussettes et un maillot de bain…et oui, on voyage très léger !), nous nous dirigeons à la gare routière d’où partent les bus pour Maras. Une heure trente nous sépare de notre destination, que nous passons debout dans le bus attrapé au vol mais malheureusement bondé. Arrivés à l’embranchement pour la ville, nous hésitons : il faut parcourir 9 km de piste poussiéreuse pour rejoindre le site de Moray. Plutôt que de se fatiguer sur cette route pas très passionnante, nous préférons louer les services d’un taxi pour nous y conduire.
Lieu d’expérimentation agronomique (selon les premières conclusions des archéologues et historiens), d’étranges terrasses concentriques ont été construites par les incas pour tester différentes conditions de culture. Mais à nos yeux, ces motifs pourraient tout aussi bien trouver leur origine dans l’atterrissage de soucoupes volantes extraterrestres !
Nous déambulons tranquillement dans ce site atypique et encore peu touristique, et empruntons les escaliers de pierres dépassant des murs pour nous offrir une vue à 360° du fond des cuvettes. Placés ainsi au milieu de l’arène, nous imaginons très bien le site comme une sorte de théâtre ou de cirque antique.
Notre visite terminée, nous regagnons tranquillement le village de Maras par un joli sentier de 6 km dans la campagne. Depuis les champs où paissent des brebis et parfois quelques cochons, nous pouvons apercevoir de lointains sommets. Le contraste est intéressant entre ces neiges éternelles et les champs brûlés par le soleil en cette période de saison sèche.
Arrivés sur les coups de midi dans le village endormi, nous y déjeunons tranquillement sur la place principale avant d’attaquer la deuxième étape de notre journée : la visite des Salineras. Nous continuons ainsi notre descente sous un fort soleil jusqu’à découvrir, tout d’un coup, le magnifique spectacle des salines. Encaissés dans une vallée étroite, les petits bassins en terrasses, se déclinent dans une gamme de couleurs allant du marron au blanc pur, selon un curieux patchwork aléatoire. Un système d’irrigation en cascade permet de les alimenter en eau chargée de sel à partir d’une source un peu plus haut. Nous traversons le site encore en exploitation en regardant les travailleurs grattés le sol pour en extraire le précieux minéral, porter de lourds sacs sur les épaules ou tout simplement s’accorder une pause casse-croûte sur les murets de sel délimitant chaque terrasse.
Sur le chemin qui nous amène au Rio Urubamba, un petit âne fou se lance soudain dans une course folle, souhaitant probablement échapper à la vigilance de sa maîtresse qui lui court après en criant. Heureusement, les quelques marcheurs devant nous s’écartent pour laisser passer le vagabond, avertis par les cris.
Arrivés dans la vallée, nous attrapons un combi pour Ollantaytambo où nous souhaitons passer la nuit. Ayant encore quelques heures devant nous avant le couché du soleil, nous décidons de visiter sur le champ la citadelle. Les impressionnantes terrasses qui grimpent le long d’une paroi escarpée, ainsi que les murs constitués d’énormes blocs de pierre aux jointures parfaites ont vraisemblablement demandé un travail de titans à ces pauvres incas sans grands moyens techniques.
Pour la première fois, nous prenons conscience du flot de touristes qui visitent la région. De très nombreux groupes se baladent dans les ruines et un ballet ininterrompu de cars se joue sur la place, transformée en marché d’artisanat en tout genre. Point de départ pour le train conduisant au Machu Picchu, la ville est une sorte de préambule à Aguas Calientes et nous redoutons un peu cette foule qui dans quelques jours se trouvera sur le site sacré en même temps que nous.
Heureusement, le circuit que nous souhaitons emprunter devrait nous accorder un peu de répits. Encore faut-il que nous trouvions un bus pour nous rendre à Santa Teresa. A la mode péruvienne, les informations sont une nouvelle fois complètement contradictoire sur le passage du bus du lendemain : un conducteur de combis nous recommande de retourner à Urubamba, un policier nous dit que la grève est finie et donc que le bus passera, un vendeur de ticket nous dit que la route est toujours bloquée et qu’aucun bus ne prend le départ… Pas beaucoup plus avancés mais n’en démordant pas, nous décidons donc d’attendre le lendemain. Au pire, nous nous rabattrons sur un taxi…
Date : le 6 Août
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