Parque Nacional Calilegua : bouffée d’oxygène
Après une nuit dans une charmante auberge de Calilegua, nous rejoignons le parc homonyme accompagnés d’une Chilienne et d’une Argentine à qui nous faisons profiter de notre voiture, le parc se situant à 10km de la ville. Le ranger qui nous accueille prend le temps de nous décrire longuement les différents sentiers de randonnée ainsi que les précautions d’usage en cas de rencontre avec un puma, une grosse araignée ou un serpent... En effet, le parc est réputé pour sa végétation abondante et pour la diversité des espèces qu’il héberge. S’étalant de 400 à plus de 3000 mètres d’altitude et bénéficiant de pluies abondantes, l’écosystème est particulièrement riche et varie selon l’altitude.
Le parc est gratuit et pourtant il y a bien plus de travail réalisé qu’à Talampaya, notamment pour maintenir les chemins en état ou encore pour répertorier les espèces d’arbres dans une visée éducative. Ici, nous aurions volontiers déboursé quelques pesos pour contribuer à l’entretien : la politique des parcs nationaux argentins restera pour nous un mystère !
Le petit groupe se dissout, chacun ayant ses propres intérêts : l’argentine et son coté fleur bleue préfère aller tranquillement à la rencontre de la faune, alors que nous recherchons une marche un peu plus sportive.
Dès le premier point de vue, nous sommes surpris par le caractère tropical de la forêt alors que nous n’avions jusque là traversé que des paysages arides, hormis à Iguazu. En à peine 200km, les pierres et la poussière ont fait place aux lianes et à l’humidité.
Revenant sur nos pas pour retrouver le plan du parc égaré, nous perdons la chilienne partie sur un autre chemin. La marche est très agréable, enveloppés des hauts arbres et des chants des oiseaux. Comme nous l’a expliqué le ranger, les gros mammifères sont craintifs et il faut être extrêmement chanceux pour en observer dans ce milieu naturel. Nous prenons toutefois la direction du rio Negro où ces derniers viennent parfois s’abreuver.
Nous progressons dans le lit de la rivière qui, en cette saison sèche, fait apparaître un sol bien caillouteux ou sablonneux, ainsi que des centaines d’empreintes d’animaux parfois très grosses. L’avancée est difficile car la rivière balaye de long et en large le lit et nous ne pouvons éviter soit de mettre les pieds dans l’eau soit de nous embourber.
Au bout de deux heures de marche, soudain, nous retrouvons l’Argentine en train de photographier consciencieusement des papillons. Elle semble complètement émerveillée par le lieu et euphorique à la vision de ces lépidoptères multicolores. Sans le savoir, elle nous permet également de retrouver le chemin pour finir plus rapidement notre boucle.
Nous reprenons la voiture pour nous enfoncer et nous élever un peu plus dans le parc. En montant, lentement sur le chemin pierreux, nous veillons tout changement dans la végétation. Malheureusement, nos yeux non aguerris n’observent rien de significatif malgré les panneaux indiquant les « frontières végétales ».
Nous pique niquons à la station de ranger puis nous nous décidons à effectuer une dernière marche : une grande descente dans la forêt… et la remontée qui va avec. Le chemin n’est ouvert qu’à moitié mais c’est déjà sportif. Surtout lorsqu’on découvre à mi montée qu’on a oublié des lunettes de soleil en bas…
Après cette bonne suée et cette excellente journée en plein air, nous reprenons la route en direction de la vallée d’Humahuaca.
Date : le 15 Juin
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