Humahuaca et Purmamarca : le patrimoine, ça nous gagne… ou pas
C’est de nuit que nous pénétrons dans la vallée de Humahuaca où les roches succèdent aux plantations de canne à sucre des environs de Jujuy. Dans le petit village de Purmamarca, nous dinons de spécialités et de folklore : une petite cassolette de lama et un locro accompagnés d’un chanteur local sous la rythmique laborieuse de sa fille.
Au petit matin, le village s’anime pour l’arrivée des cars de touristes : des étales chargées de ponchos, de bonnets en poil de lama, d’objets en bois de cactus ou de tasse à maté en sabot sont mises en place un peu partout. Ici l’attraction, c’est une nouvelle fois des montagnes colorées : elles entourent le village comme un pudding géant, toujours avec sept couleurs. Nous finissons par connaître et nous lasser…
Nous partons donc rapidement pour le village suivant, Tilcara. Nous zappons la visite du fort pour une marche en direction d’une cascade. Après une bonne montée, nous arrivons à l’entrée du site : le débit de la rivière au fond du goulet ne semble pas justifier de payer une quelconque entrée et nous imaginons déjà une cascade de pipi de chat. Nous préférons rebrousser chemin et nous poser quelques instants au bord d’un canal d’irrigation bien fourni pour faire nos sandwichs.
Rassasiés, nous prenons la direction de Humahuaca d’où est tiré le nom de cette vallée classée au Patrimoine de l’Humanité. La petite ville est agréable avec de jolies maisons et quelques bâtiments officiels à l’architecture typique de la région. Un bon café au lait plus tard pris au soleil d’une petite rue, nous décidons de faire demi-tour et de nous diriger vers les Salinas Grandes pour la nuit.
Ce demi-tour nous permet de découvrir quelques jolies falaises dans la vallée, devant lesquelles nous étions passés rapidement le matin. La vallée ne nous émerveille toutefois pas plus que ça : il y a bien d’autres endroits du même type que nous avons traversés, beaucoup plus intimistes, plus petits, plus mignons et donc plus agréables.
Nous nous engouffrons à nouveau dans la vallée de Purmamarca et gravissons lentement l’impressionnante succession de lacets qui nous conduisent à plus de 4170 mètres d’altitude (une première pour nous !)… Seule une tribu de guanacos semble en mesure d’y supporter le vent glacial !
Depuis l’autre versant, nous apercevons au loin des étendues de sel. Même si, apparemment, les Salinas Grandes ne peuvent être comparées au Salar d’Uyuni, Il reste amusant de rouler et faire quelques photos sur ce sol dur et croustillant aux formes hexagonales.
Nous continuons alors notre route toujours plus à l’Ouest et remontons en altitude dans la Puna, en direction du village frontalier de Susques. Perdu au milieu de nulle part, il y règne une ambiance surréaliste entre ses parkings remplis de camions et ses maisons traditionnelles en adobe. Dans ce village qui nous semble bien pauvre, certaines auberges n’hésitent pas à pratiquer des prix hallucinants et parfois à la tête du client ! Finalement, nous trouvons refuge dans une auberge de routiers tenu par un couple simple et sympathique. Aux petits soins avec nous, ils nous bordent presque avec une deuxième couverture pour que nous protéger de la nuit glaciale à cette altitude.
Date : 16 Juin
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