De Susques à Salta : on descend de la montagne pas à cheval, on descend …

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Très tôt ce matin, les routiers de notre hôtel se sont levés : le jour est en effet important, l’Argentine joue son second match de la coupe du monde ! Nous regardons donc d’un œil distrait les premiers échanges de balle en buvant notre café et mangeant quelques tortadas, dans une pièce que les supporters n’arrivent pas à réchauffer.

Une fois l’avantage pris par les Argentins, nous retrouvons notre carrosse où nos bouteilles d’eau ont gelé et le maniement du volant équivaut à prendre un glaçon à pleine main. Dans ces hauteurs, il fait donc bien froid la nuit.

Avec quelques difficultés, nous finissons par retrouver la Ruta 40, qui apparemment a fait des petits pendant la nuit. Finalement, même s’il s’agit à nouveau d’un tronçon de piste, nous sommes heureux de parcourir ses kilomètres déserts de la Puna. Nous ne croisons que deux mobylettes, quelques villages en adobe perdus avec ses habitants en habits colorés, et des élevages de gros lamas, moutons et biquettes et d’ânes un peu trop curieux.


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Au loin, un volcan nous sert de phare dans cette immensité où les lacs sont partiellement gelés et la végétation figée. Nous remontons la rivière en passant quelques guets, tantôt d’eau tantôt de glace. Alors qu’il ne nous reste qu’une trentaine de kilomètres à parcourir, que nous en avons déjà 80 derrière nous et que notre jauge tire vers le rouge, nous nous rappelons qu’un berger a tenté de nous faire passer un message : espérons qu’il n’ait pas cherché à nous prévenir du caractère infranchissable de la rivière avec notre frêle embarcation !

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Après quelques sueurs froides, nous pouvons nous détendre : le viaduc de Polvorilla le plus haut du monde (à 4 220 mètres) est dans notre ligne de mire. En nous apercevant, quelques vendeuses de souvenir qui prenaient le soleil accourent vers nous. Le voyage que nous venons de réaliser vaut bien plus que cette construction de ferraille qui a tout de même le mérite d’être impressionnante vue d’en dessous. En revanche, faire l’aller-retour depuis Salta via San Antonio de los Cobres pour voir ce pont, est une hérésie !

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A San Antonio, quelques supporters argentins tentent de mettre un peu d’ambiance dans le village fantomatique, ravagé par l’arrêt de l’industrie minière. Nous qui pensions y passer la nuit revenons très vite sur notre décision. Nous avalons rapidement notre déjeuner, payé au prix fort du menu, le gérant ayant « omis » de nous préciser que c’était la formule obligatoire. Un peu énervés de ce manque d’honnêteté, nous quittons ce trou sur les chapeaux de roue et descendons du plateau à vive allure malgré les incessants virages. A nos côtés, la voie ferrée du « Train dans les nuages », attraction touristique faisant la liaison entre Salta et le viaduc, traverse des paysages désormais devenus familiers.

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Plus de 3000 mètres de dénivelé plus tard, nous retrouvons la civilisation et les difficultés d’orientation dès qu’il y a plus d’une route ! Nous arrivons malgré tout à Coronel Moldes en fin d’après-midi, alors que s’y tient un bingo géant sur place principale. Nous nous y reposons tranquillement avec l’idée de découvrir le plan d’eau voisin de Cabra Corral le lendemain sur le chemin du retour.

Réveillés par quelques essais de sonorisation, nous découvrons une fois de plus le petit village en pleine effervescence. Ce matin, c’est un éloge au Général Manuel Belgrano que rendent la ville et ses écoliers endimanchés. Alors que la version longue de l’hymne argentin retentit, nous nous éclipsons pour des contrées plus calmes.

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En effet, ce matin-là, l’immense plan d’eau, réputé pour ses activités nautiques, est totalement déserté et nous avons la route pour nous. Aucun sentier ne se dévoile pour une petite marche au bord de l’eau et nous sommes contraints de faire le tour du lac en voiture. Plutôt que de rebrousser chemin, nous optons pour une petite route provinciale longeant le rio dont l’état accentue un peu plus la couche de poussière accumulée sur et dans la voiture. Malgré les secousses, les guets, les virages secs, les pierres et le sable, nous ne sommes pas mécontents de rejoindre Salta de cette façon, un peu à l’image de notre périple de ces deux dernières semaines.

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Après avoir dégoté une charmante auberge et déposé tout notre barda, nous nous dirigeons vers la gare routière de Salta où nous devons rendre la voiture. Notre ami Alejandro, venu en bus de nuit depuis Mendoza, se pâme devant nos kilomètres parcourus (pas loin de 4000 !) … avec sa calculette. Le bougre, alors qu’il avait déjà essayé au départ de nous faire payer la location au noir, feint de ne pas se souvenir que nous nous étions accordés sur un kilométrage illimité ! Ses calculs et tentatives de justification ne tenant de toute manière pas debout, il finit par prendre sa route sans demander aucun dû. Bon vent !

Date : du 17 au 18 Juin

1 comments:

Nicolas a dit…

Superbes photos...ça fait envie

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