De Villa Union à Santa Maria : en route pour les ruines
Notre montée vers Salta et le Nord Ouest du pays s’annonce longue : pas loin de 1000 kilomètres à parcourir depuis Villa Union où nous avons passé la nuit suite à la visite des parcs Ischigualasto et Talampaya. Nous décidons donc de procéder en deux étapes : une grosse journée de route pas très fun pour se rapprocher de Cafayate puis la découverte des fameuses Valles Calchaquies.
Nous quittons donc Villa Union de bon matin, tellement frisquet que nous nous faisons une petite frayeur avec la voiture qui peine à démarrer. En quelques kilomètres, le ciel nous joue bien des tours : d’abord couvert, il se dégage soudainement en approchant de la Cuesta de Miranda pour enfin devenir un épais brouillard une fois passés de l’autre côté du col. Si nous avons pu profiter de quelques jolis paysages en parcourant les lacets jusqu’au sommet, nous ne voyons rien de la vallée de Famatina conduisant jusqu’à Chilecito. Seule certitude, un profond précipice se trouve au bord de la piste. La prudence s’impose donc !
Après avoir attrapé quelques petits pains pour faire notre pique-nique, nous cherchons à poursuivre notre chemin sur la Ruta 40. Malheureusement, le coup d’envoi du premier match de l’Argentine vient d’être sifflé et il n’y a que peu d’âmes généreuses dans les rues pour suppléer à un manque cruel de panneaux indicateurs ! Il nous faut donc une bonne heure et quelques tentatives infructueuses, avant de tomber sur une minuscule pancarte et retrouver la route mythique.
Après deux bonnes heures de conduite, et la traversée de petits villages aux drôles de noms, nous nous arrêtons à El Shincal pour se dégourdir les pattes et visiter des vestiges incas. L’accès au site est ouvert mais il ne semble y avoir personne pour recevoir notre contribution et nous guider. Tant pis, nous visitons en secret le petit site : quelques murs ont été excavés et les plateformes d’observation offrent de jolies vues sur les montagnes environnantes. Rien de très exceptionnel, mais la balade nous aura permis de prendre un peu l’air avant de reprendre la route
Une portion de route bien longue et en assez mauvais état ! Une fois de plus, c’est curieux pour nous de penser qu’une des principales routes nationales du pays puisse être sur certains tronçons une véritable autoroute et sur d’autres une piste de moto cross ! Les kilomètres passent lentement et c’est à la nuit tombée que nous arrivons à Santa Maria. Heureusement, toutes les villes sont organisées de la même façon : trouvez la place centrale (parfois pas si facile avec un système de circulation un peu douteux) et vous tomberez sur un petit office du tourisme aux heures extensibles prêt à vous aider ! Nous passons la nuit dans une charmante auberge dans une maison typique de la région et nous rassasions d’une traditionnelle milanesa con papas fritas (comprenez, escalope pannée avec des frites ;-)). En effet, depuis notre arrivée en Argentine, nous sommes assez surpris du peu de diversité culinaire dans le pays : la population se contente généralement d’empanadas, pizzas, pates, milanesa et soupes instantanées, et est peut-être une aussi grosse consommatrice (voir plus) de pains que les Français. Ce type de régime alimentaire ce ressent sur leur physique : déjà pas très grands, les kilos superflus sont d’autant plus visibles. Et même nous, nous perdons malheureusement les bénéfices de la cuisine asiatique et de son absence de graisse et de sucre…
Le lendemain, nous commençons la journée par la visite des ruines de Quilmes, après un petit détour non programmé par le village homonyme et ses collines désertes. Nous faisons bien rire un autochtone, qui s’étonne de nous voir arriver dans notre petite voiture sur des chemins défoncés et nous explique que le site est à une quinzaine de kilomètre sur la route nationale !
Une fois sur le site, un jeune guide nous explique très lentement l’histoire du village de Quilmes et le mode de vie de ses habitants de l’époque. Les habitations étaient construites avec de gros murs de pierres et partiellement enterrées pour se protéger du froid. Plusieurs familles y vivaient dans des pièces reliées les unes aux autres. Certaines constructions présentaient une forme ronde caractéristique des « caves » de l’époque permettant de conserver les aliments pendant plus d’un an. S’étendant sur plusieurs centaines de mètres et s’élevant à flanc de colline, les ruines sont vraiment impressionnantes et ont été bien restaurées. Nous grimpons jusqu’aux plateformes d’observation et à la maison du chef, dominant l’ancien village, pour en apprécier encore mieux l’étendue.
Date : du 12 au 13 Juin
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