De Flores à Lombok : Dragons, mantas, tortues sont dans un bateau…
Heureux de quitter le sol de Flores, nous embarquons pour 4 jours en mer sur une frêle chaloupe en compagnie de deux Suissesses allemandes, un Slovène, un Russo-Américain et deux instructeurs de plongée Français installés à Koh Tao. Au programme : visite des Iles de Rinca et Komodo, célèbres pour leurs dragons, snorkelling dans des eaux turquoises et navigation le long de Sumbawa. Le bateau nous inspire plutôt confiance : ce ne sera pas le grand luxe mais nous devrions pouvoir nous en sortir vivants ! Seuls le bruit du moteur et les vibrations qu’il engendre même à vitesse réduite, nous inquiètent un peu.
Contrairement à Flores, les iles aux alentours surprennent par leur manque de végétation. Elles sont parées de pâturages d’un beau vert un peu surréel où seuls quelques arbres se battent en duel. Il est ainsi possible de mieux distinguer les veinules creusées par la pluie que nous avions aperçues en survolant la région.
A notre arrivée sur l’ile de Rinca, les guides-rangers nous attendent avachis sur l’embarcadère… ainsi que notre premier « lézard », d’un bon mètre de long. Cette première rencontre, assez impressionnante tout de même, aurait toutefois gagné à ne pas être avec un dragon aussi léthargique et fainéant que les humains l’entourant…
Débute alors la visite de l’ile avec un adolescent, boyscout en formation pour devenir ranger. La première halte se fait quelques mètres plus loin, en plein centre du campement où il est possible de passer la nuit. Attirés par la nourriture, 4 ou 5 dragons lézardent tranquillement, seulement dérangés de temps en temps par une personne au dessus d’eux essayant de jouer à la pèche aux dinosaures à l’aide d’un fil et d’un peu de nourriture. C’est impressionnant de voir ces gros animaux un peu patauds se dresser mais il n’est pas impossible qu’ils aient perdu avec de tel jeu un peu de leur « wilderness »… Nous quittons finalement la cantine et empruntons un sentier de l’ile qui, malgré sa taille réduite, offre des paysages assez étranges, mêlant grandes plaines escarpées, petits arbustes et quelques palmiers solitaires. L’ombre manque cruellement et avec un soleil quasiment à son zénith, la marche nous fait transpirer à grosses gouttes. Au bout d’une petite heure, nous retrouvons le campement, malheureusement sans avoir vu aucun animal « en situation réelle », que ce soit dragon ou buffle.
Un peu déçus par cette courte marche incluse dans le droit d’entrée du parc, nous décidons de repartir avec le même guide pour une marche un peu plus longue. Bien sûr, il faut payer mais le supplément étant tellement faible en comparaison du prix de la croisière, nous avons du mal à comprendre pourquoi cela n’est pas inclus d’office. Nous repartons donc par une autre piste où nous croisons un groupe ayant eu la chance de voir petits dragons, buffles et cobras. Alors que nous nous enfonçons plus dans l’ile et que nous commençons à nous sentir un peu malchanceux, nous apercevons enfin notre premier dragon sauvage, un petit spécimen qui était certainement en train de faire bronzette sur le chemin et qui nous montrera la direction en courant devant nous pendant quelques dizaines de mètres avant de s’éloigner dans la broussaille. Le deuxième sera bien plus gros mais pas très vivace. Installé pour la sieste en dessous d’un arbre, à quelques mètres du sentier, il faut être attentif pour l’apercevoir. Mais le vrai spectacle est à juste à coté : un grand spécimen en train de chasser. Légèrement redressé, humant l’air, le dragon se trouve entre 3 buffles qui paissent tranquillement, gardant tout de même une distance raisonnable avec la bête. En effet, malgré ses courtes pates et son allure désinvolte, le dragon peut courir vite et sauter, et une seule de ses morsures peut être fatale ! Finalement, nous quittons donc Rinca rassasiés de tous ces dragons en liberté et partons vers notre premier spot de snorkelling à proximité de « the red beach ».
Malgré la luminosité réduite de la fin d’après-midi, le site corallien offre une diversité impressionnante en matière de coraux et de poissons. Nous y retrouvons en pagaille les stars de Nemo ainsi que les effrayants « needle fish » dont nous apprenons que, malgré leurs petites dents acérées, ils ne sont en rien des barracudas et sont complètement inoffensifs. La baignade se clôt en beauté avec la danse amoureuse de sèches qui changent régulièrement de couleurs en se faisant de petits bisous de tentacules.
(pas de photos: notre appareil n’est pas doté de l’option “sous-marin”)
De retour sur le bateau, il faut faire sans douche : ce n’est pas compris dans l’équipement standard de ce type de bateau ! Il est 18 heures, et la tombée de la nuit amène un bon diner de poisson pris à même le sol, ainsi que des vendeurs ambulants de komodo de bois qui entourent notre embarcation depuis leurs modestes barques. Nous discutons un peu avec le groupe puis rejoignons nos « lits » (comprendre minces matelas) positionnés au dessus de la cabine de pilotage. Bercés par le roulis et le bruit des vagues, nous finissons par nous endormir mais le confort sommaire contribue à de fréquents réveils jusqu’au levé du jour.
![]()
Après une désormais traditionnelle banana pancake, nous sommes débarqués sur l’ile de Komodo. Cette ile ressemble beaucoup à sa cousine Rinca tout en ayant une végétation plus dense. Ses arbres permettent ainsi de faire les ballades à l’ombre mais procurent également aux Komodos des cachettes plus certaines. Ainsi, même si l’ile abrite plus de spécimens, nous n’en croiseront aucun, hormis ceux en bois trônant dans les étales pour touristes et les éternels fainéants des campements. Le guide tente bien de nous appâter à plusieurs reprises pour un tour plus long… et payant, mais cette fois le groupe n’est pas motivé par le discours très mercantile et l’insistance pesante du ranger.
![]()
Avant de repartir sur notre bateau préféré, nous profitons un peu du caractère « civilisé » de l’ile pour nous doucher dans les toilettes - grâce à la douchette des cabinets bien sûr- et remplir d’eau douce une dizaine de bouteilles plastiques vides pour des douches de fortune à bord. Passer 3 jours couverts de sel est à nos yeux bien pire que la même période à trainer dans notre jus… Nous ne savons pas comment des touristes peuvent s’accommoder de cela mais il est possible qu’il s’agisse du dernier souci de nos gentils organisateurs.
Nous voilà donc repartis en direction de « Manta point », un endroit où des raies Manta se postent pour se faire nettoyer des petits mollusques pouvant les recouvrir tout en profitant d’une nourriture abondante. Alors que nous nous en rapprochons, le bateau ralenti et le commandant est aidé d’un mousse à l’avant qui guette la moindre apparition d’un petit aileron. Alors que la chasse s’annonce difficile, nous décidons de nous mettre à l’eau et de nous accrocher à une corde, tel un chapelet d’huitres, pendant que le bateau poursuit sa chasse. A peine plongés, nous apercevons une petite raie (non Manta) sur le fond, puis vient à notre plus grand plaisir une grosse tortue. Depuis l’Australie, nous avons une certaine tendresse pour cet animal, qui physiquement n’est pas gâté par la nature mais qui évolue avec une tel grâce dans l’eau qu’il est difficile de ne pas l’aimer. Enfin, après une bonne demi-heure d’attente, sa majesté Manta s’approche enfin de nous. Mesurant certainement bien 3 mètres, l’animal ne semble qu’onduler pour se mouvoir. Tout semble s’arrêter devant ce spectacle : toujours accrochés à notre corde, nous regardons béatement l’animal partir dans la pénombre. Une deuxième tortue, une deuxième Manta encore plus coopérative et une dernière plus grosse finissent le bain en beauté !
A peine remontés sur le bateau, les moteurs se remettent en marche mais la poésie n’est toutefois pas terminée puisque nous avons l’honneur de voir un ban de dauphins, tout d’abord au loin avant que ceux-ci ne se décident à venir jouer devant la proue du bateau. Nous aurions donc pu nous coucher avec un grand sourire si nous n’avions vite compris que, cette nuit, nous ne ferions pas de halte pour dormir… Jusqu’au dernier moment, nous y croyons mais non ! La nuit est donc on ne peut plus pénible, le bruit s’aidant des vibrations pour nous empêcher de dormir.
La journée suivante, les paysages défilent lentement, malheureusement toujours avec le bruit infernal du moteur. Seul moment de quiétude, une petite pause plongée (dans des eaux et des fonds toujours très beaux, quoique moins spectaculaires que ceux de « red beach ») et un petit tour sur une ile pour aller se baigner dans une cascade. Puis de nouveau, c’est le bruit du moteur. La journée défile et la nuit tombe. Alors que la pluie commence à tomber, nous naviguons toujours, chacun se demandant si la mésaventure de la veille se reproduira. Par chance, nous arrivons finalement à notre escale, où le lendemain nous devons plonger. Le bruit s’arrête, nous sommes heureux !
![]()
C’était sans compter sur la folie de nos gentils organisateurs qui décident de repartir à 3 heures du matin ! Sans véritablement comprendre ce qu’il se passe : a-t-on fait une halte plus tôt hier à cause de la pluie ou sont-ils fous ? – nous quittons bien involontairement notre sommeil en attendant de voir ce qu’il va advenir. Alors que le soleil se lève, nous entrevoyons le port : le doute n’est plus permis, nos GOs ont décidé de partir plus « tôt » de notre mouillage pour nous offrir un superbe petit déjeuner dans notre port d’arrivée à Lombok. D’un petit déjeuner suivi d’une plongée dans un endroit paradisiaque, nous en sommes à une banana pancake à moitie cuite dans un endroit où flottent des mares de kérosène, en attendant un bus ! Triste fin !
Nous quittons donc notre fidèle bateau quelque peu énervés et décidés à comprendre ce qu’il s’est passé avec la compagnie nous ayant vendu le tour. C’est ce que nous faisons après avoir traversé Lombok mais nous ne pouvons rien tirer du « manager » de la compagnie qui s’étonne presque que nous puissions être en colère. Seule information que nous arrivons à en tirer : oui, nous aurions du faire comme indiquer sur le programme, mais le capitaine du bateau en a décidé autrement. Une compensation ou un geste commercial ? Une magnifique offre de transport gratuit jusqu’à notre prochaine destination, les Gilis Islands, d’une valeur estimée à 2€. Merci donc à la compagnie Kencana, la compagnie la plus malhonnête pour faire Flores-Lombok ! Heureusement, la nature, dont nous conservons de belles images, compense l’amateurisme de cette agence touristique indonésienne.
Date : du 8 au 11 Avril (on avait pourtant lu 4 jours et (3)4 nuits)
0 comments:
Enregistrer un commentaire