Sa(va)pa !
Nous devions éviter Sapa et se cantonner aux régions peu touristiques du Nord Est, mais les remarques élogieuses de nos amis d’Ha Giang nous ont semé le doute et nous avons finalement cédé à l’appel du Nord Ouest.
Quand nous traversons de jolies vallées enfouies sous la jungle, nous avons bon espoir : si Sapa ressemble à ça, alors ça vaut le coup. Mais quelle déception en arrivant dans cette station de montagne : alors que nous avons voyagé dans un bus transportant plus de marchandises que de passagers et qui, nous espérions, devait nous faire passer incognito, nous sommes assaillis par des rabatteurs d’hôtels à peine le premier doigt de pied posé. Des « Follow me » fusent dans tous les sens et ne font qu’amplifier un mal de tête déjà bien présent. Le seul avantage de cette offre pléthorique est la lutte sur les prix qui permet de se loger pour pas cher du tout.
Avec son lac, sa place, son église, ses bâtiments colorés, ses vues sur les montagnes et les rizières en terrasse, Sapa pourrait avoir un certain charme. Mais la rangée d’hôtels et de restaurants occidentaux ainsi que le marché aux babioles ethniques nous inspirent plus de dégout que d’intérêt. La présence de femmes issues des tribus voisines dans leur costume traditionnel ne fait que renforcer l’atmosphère « Disneyland » du lieu. Certains touristes accrochent à ces faux-semblants et se laissent embarquer dans des pseudo-discussions, nous pas !
Le lendemain matin le temps n’est pas vraiment de notre coté avec un ciel très nuageux. Malgré la renommée des randonnées, nous sommes peu inspirés et préférons louer une moto pour faire le tour de la vallée et nous donner une vision générale des lieux…et peut-être l’envie d’y passer une journée de plus ?
Nous partons tout d’abord pour le Tram Ton Pass, qui correspond à la plus haute route du Vietnam et délimite les vallées de Sapa et Lai Chau. La brume n’offre pas les paysages promis et seule la sensation de changer de climat entre les deux vallées est amusante : coté Sapa, humidité et fraicheur, alors que coté Lai Chau, chaleur. Au loin le Fansipan, plus haut sommet du Vietnam, est pris dans un ciel cotonneux et nous ne distinguons que difficilement sa silhouette.
Avant de retourner sur Sapa, nous apercevons la cascade réputée de la région. D’une chute d’eau censée être impressionnante du haut de ces 85m, il ne reste qu’un fin filet d’eau qui s’abat péniblement autour d’une nuée de petites étales. Nous partons donc sans attendre sur la route de Ban Xeo. Pendant que les kilomètres défilent, sans personne, nous nous baladons tranquillement dans un paysage embrumé avec de belles chutes d’eau et des rizières à perte de vue.
Nous revenons sur Sapa et négocions une saucisse grillée avec une vendeuse, que nous souhaitons fourrée dans une baguette. Au début un peu surprise, elle se prête au jeu et complète le sandwich de quelques herbes et sauce piquante.
Nous reprenons la route pour descendre dans la vallée de Sapa, réputée pour ses villages. Encore une fois, rien de bien exceptionnel et la journée se termine sans surprise ni émerveillement : nous sommes déçus d’avoir perdu notre petit paradis de la région d’Ha Giang et regrettons de ne pas avoir suivi notre instinct. Certes, ni la météo, ni l’état de culture des rizières ne mettaient en valeur Sapa, mais pour nous, rien de tout cela n’en aurait fait un véritable écrin de toute façon.
Date : 12 au 14 Avril
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