Tam Coc : “Baie d’Halong” sous l’eau
Armés de nos capes de pluie acquises le matin même à Hanoï, nous débarquons à Tam Coc plus connu sous l’appellation « Baie d’Halong terrestre ». Déjà depuis quelques kilomètres, nous avions pu apercevoir depuis l’autoroute un alignement de pics karstiques. Mais arrivés sur les lieux, ils sont d’autant plus impressionnants que leur masse grise tranche avec les fragiles pousses de riz dans lesquels ils baignent.
Sur les conseils de nombreux voyageurs nous nous rendons à l’auberge « Chez Loan » où la propriétaire croule sous les éloges pour son français, sa gentillesse et sa cuisine. Comme il fallait si attendre, la renommée de cette dame n’est pas tombée dans l’oreille de sourds Français, et l’hôtel est complet et peuplé de compatriotes. Gentiment, Loan nous propose d’appeler une amie qui tient un hôtel plus cossu dans le centre du village. Cherchant sûrement à nous convaincre d’y passer la totalité du séjour, on nous sort le grand jeu : une chambre immense avec une belle salle de bain à la douche séparée…pour 10$. C’est sans dire que, étant un peu fatigués de faire et défaire tous les jours nos sacs à dos, à de telles conditions, nous décidons bien entendu de poser nos bagages pour les jours suivants.
La région offre de nombreuses attractions mais le ciel menaçant nous contraint un peu dans nos modes de déplacement. Nous tentons le tout pour le tout et louons des vélos pour la journée à l’hôtel. Nous empruntons de jolies routes de campagne, traversons des villages de pierre, sprintons à travers les rizières, grimpons en haut des pics, visitons quelques pagodes… La matinée s’écoule sportivement et avec joie en montant quelques 450 marches et parcourant une quinzaine de kilomètres.
Alors que nous nous arrêtons pour déjeuner rapidement à Hoa Lu, la pluie se met à tomber. Elle ne cesse, ainsi que le tonnerre l’accompagnant, que deux longues heures plus tard que nous passons sous la modeste toile de tente du restaurant. Le froid nous aillant saisi, nous sommes heureux de pouvoir grimper à nouveau sur nos vélos et nous défouler. Malheureusement, il est déjà tard et le tour de bateau que nous espérions faire à Trang An « tombe à l’eau ». Nous rentrons donc un peu dépités mais avec comme petite lueur le diner que nous avons prévu de passer « Chez Loan ».
Les Français aperçus la veille s’enquièrent de notre logement et nous commençons à discuter de nos itinéraires et impressions vietnamiennes. Au moment de passer à table, nous nous retrouvons à la table des « enfants ». Leurs discussions sur leur scolarité nous amusent et leurs expériences déjà nombreuses de voyages nous impressionnent : à leur âge, nous n’en avions pas autant vu ! Chacun à son style : du petit garçon qui dévore ses nems en expliquant qu’il n’en a jamais mangé d’aussi bons, à la jeune fille qui attend avec impatience les hôtels « moins roots » où les SMS passent après 21h, et enfin au jeune homme qui se voit déjà dans son tour du monde à 23 ans pile… Nous passons un excellent moment avec eux, même si leurs regards nous rappellent que nous sommes déjà des très très grands (pour ne pas dire vieux…).
La pluie tombe quand nous nous réveillons, et nous patientons autour d’un café avant de renfourcher nos vélos pour aller explorer l’autre versant de Tam Coc. Loan nous a donné le nom d’un batelier susceptible de nous emmener dans une petite vallée perdue où rares sont les touristes. Nous partons donc à la recherche de l’embarcadère où se trouve sa maison. Arrivés à proximité du lieu dit, nous apercevons effectivement un couple et son bateau : nous demandons s’il s’agit bien du monsieur en question, et ils nous répondent positivement…après une seconde de flottement ! Seconde qui nous met bien la puce à l’oreille mais que nous décidons de mettre de côté : les gens dans la région ont été tellement adorables que nous avons du mal à croire à une arnaque. Pourtant, lorsqu’ils nous disent que nous ne pouvons pas accéder à la troisième grotte sur laquelle a lourdement insisté Loan, nous aurions du prendre notre vélo à notre coup. Mais c’est notre seule occasion de faire du bateau sans une horde de touristes à l’horizon, alors nous cédons.
La balade se révèle être de très courte durée : à peine 20 minutes alors qu’on nous a promis au moins une heure. De plus, nous faisons demi-tour juste à l’endroit où le paysage commence à devenir vraiment intéressant…De plus en plus suspicieux, nous en venons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés d’embarcadère. A peine revenus sur la terre ferme, Céline file demander à un passant si nous sommes bien au lieu dit et si le batelier est bien l’homme que nous recherchons. Ce n’est pas le cas : nous aurions du frapper une maison plus loin !!! Passablement énervés par cette usurpation d’identité et cette balade complètement bidon, nous décidons de partir sans payer. Après nous avoir menacés d’appeler la police, ce que nous l’exhortons à faire, nous nous débarrassons de l’arnaqueuse et partons en rage sur un petit chemin boueux. Nos embourbements et les mètres parcourus les vélos à la main viendront finalement à bout de notre énervement et nous arrivons à profiter d’un paysage magnifique aux pieds des pics karstiques.
Nous revenons ensuite sur Tam Coc en visitant quelques pagodes, auxquelles nous volons la vedette vis-à-vis de bruyants écoliers venus en sortie scolaire depuis Hanoï. En nous baladons le long de la rivière aux bateaux, nous rencontrons un couple de Québécois avec lesquels nous passons un long et agréable moment à discourir.
Nous quittons la région avec le regret de n’avoir pu la voir sous le soleil. Toutefois, malgré une météo peu clémente, cette campagne vietnamienne restera un excellent souvenir.
Date : du 15 au 18 Avril
2 comments:
salut les routards!!!
finalement pour nous, ca n aura pas ete Tam Coc mais Trang An...sans pluie mais un ciel tres bas! et comme on y ete pendant un jour ferie,,,autant vous dire qu il ete impossible de prendre une photo sans personne devant! bref...la balade a travers les pics a ete tres sympa mais je pense qu on a loupe pas mal de paysages plus au sud...ce sera pour une prochaine comme on dit car je compte bien revenir pour le nord qui restera la plus grande frustration de mon voyage!! bonne continuation a vous 2 et bonne route pleine de rencontres!
christelle
ah ben quand même, après 4 mois de jalousie retenue, on peut enfin vous dire "ben chez nous il fait très beau et chaud" ! ;-)
bises et a bientot sur skype
G+S+Titou
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