Nong Khiaw : remontée de la rivière Ou
La remontée vers Nong Khiaw peut se faire soit en bus soit en bateau le long du Mékong et de la rivière Ou. C’est par cette voie, certes plus chère mais plus agréable, que nous avons décidé de rejoindre ce petit village perdu dans les montagnes.
En partant de Luang Prabang à bord d’un bateau tout en longueur que nous partageons avec 3 Français et 1 Québécois, Céline s’émerveille du coté scintillant du sable et suggère des paillettes d’or. A peine avons nous fait quelques kilomètres que nous apercevons en effet des orpailleurs qui tamisent le sable, puis de grosses pelleteuses creusant le lit du fleuve. Les habitants des environs tirent ainsi de ces fleuves et rivières aurifères une source de revenue non négligeable.
Mais ce n’est pas le seul bénéfice de ces eaux : elles apportent bien sûr nourriture avec les poissons et coquillages que les femmes et enfants dénichent immergés jusqu’à la taille, mais aussi électricité avec des sortes de mini barrages hydroélectriques constitués généralement d’une simple pale plongeant dans l’eau entrainant une petite dynamo, le tout sur une embarcation. Dans un pays où les barrages sont si nombreux, le système D est encore de mise.
La croisière est vraiment très paisible malgré le bruit du moteur de notre embarcation, et nous apprécions somnolents les paysages et la vie sur la rivière et ses rives. Seuls les rires des enfants et le bain d’un éléphant viendront perturber la léthargie dans laquelle nous tombons.
Une fois arrivés à Nong Khiaw, il est possible de poursuivre la remontée de la rivière jusqu’au village isolé de Muang Ngoi Neua coupé de toute autre voie d’accès. A peine débarqués, voyant un bateau prêt à partir pour cette destination, nous hésitons à le prendre sur le champ. Nous demandons le prix à une « occidentale » à bord, puis au conducteur : alors que le bateau est déjà plein, celui-ci ne peut s’empêcher de rajouter quelques menus Kip au prix. Nous refusons de payer le supplément « touristes », ceci n’annonçant rien de bon pour la suite : une fois à Muang Ngoi Neua, il n’y aurait pas d’échappatoires et nous apprécions moyennement ce type de situation où nous sommes faits comme prisonniers. Nous passons donc la nuit à Nong Khiaw dans une guesthouse dont la propriétaire est vraiment charmante.
La ville est traversée par la rivière et entourée de grandes montagnes : le calme et la nature sont ses seuls intérêts mais il est dommage qu’aucune marche ne soit décrite dans le coin.
Le lendemain nous partons pour Vieng Thong à l’est de Nong Khiaw: dans notre guide, c’est à 3h mais dans la réalité il faut bien 6h de route pour atteindre le village. Nous nous retrouvons ainsi coincés dans un mini-bus où l’ambiance est excellente : les passagères, qui sont en majorité, ne cessent de rire et le chauffeur a beau augmenter le volume de son poste, les discussions n’en vont que meilleur train et les voix surpassent les chants. Sur une route très sinueuse, le mini-bus ne cesse de grimper puis descendre, longer les montagnes par la droite, puis par la gauche et enfin se retrouver sur la crête, offrant de magnifiques vues sur les petits sommets. Nous traversons de nombreux et charmants villages de « moyenne » montagne : certains ne sont qu’un alignement de modestes huttes de bambou, d’autres semblent plus touffus et plus riches. Différentes minorités ethniques sont censées les habiter, mais, malheureusement, beaucoup d’habitants ont cessé d’arborer les costumes traditionnels aux couleurs distinctives. Pour nous, tous se ressemblent, et faute d’avoir eu le temps de faire une randonnée guidée dans ces villages, nous n’avons pas la couche culturelle nous permettant de comprendre les us et coutumes de chacun.
Date : du 1er au 2 Avril
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