Une route tortueuse mais traversant des paysages grandioses et des villages de montagne nous conduit jusqu’à Luang Prabang. Dès les premières rues, nous comprenons que nous n’avons pas affaire à n’importe quelle cité laotienne mais bien à une grande dame. Les rues sont très soigneusement entretenues, bordées de jardins fleuris et de maisons mêlant style colonial et local. A quelques pâtés de maison du centre historique, nous avons opté pour une guesthouse tenue par une ancienne professeure de français.
Alors que nous discutons avec elle de l’enseignement au Laos (apparemment rendu assez difficile par l’invasion des téléphones portables chinois ajoutant à la turbulence des étudiants), le ciel s’obscurcit et de grosses bourrasques de vent font claquer portes et palissades. Le ciel se zèbre d’éclairs et nous attendons avec une certaine impatience notre première pluie du voyage. De grosses gouttes éparses et enfin un épais rideau de pluie s’abat, rafraîchissant drastiquement l’atmosphère. Les attractions nocturnes habituelles semblent quelque peu chamboulées par cette manifestation du ciel : le réputé « night market » et les étales de nourriture sont réduits à leur plus simple expression et les touristes ont trouvé refuge dans les restaurants cosy bordant la rue principale.
Nous nous baladons un peu entre les flaques d’eau et faisons connaissance avec la vieille cité : le centre est très agréable avec ses villas coloniales toutes retapées et bien qu’abritant presque exclusivement hôtels de charme et restaurants réputés « haut de gamme ». Pour rajouter au côté chic, de nombreuses enseignes sont en français mais nous ne pouvons nous empêcher de taquiner les serveurs en leur expliquant que les pizzas n’ont rien à faire sur une carte de gastronomie française. Dans l’air flotte un on ne sait quoi d’une province surannée…
Le lendemain matin, sous un ciel encore voilé, nous déambulons dans les rues et venelles arborées. La journée sera placée sous le signe de la culture, la ville renfermant un grand nombre de temples dont le style « Luang Prabanguien » se distingue par ses toits courbés effleurant presque le sol. Le soleil émerge progressivement et vient renforcer les couleurs chaudes et boiseries des villas. Cette « presque » ile prise entre le Mékong et la rivière Nam Tha est d’un calme olympien et nous rêvons d’une grosse maison familiale sur une des rives où passer des vacances relaxantes et chics. En fin d’après-midi, du haut de la colline Phu Si, nous apprécions l’étendue de la cité et ses environs vallonnés. La chaleur de retour, le « night market » s’installe et les multiples étales de babioles s’illuminent au couché du soleil. En dinant, nous nous décidons à partir le lendemain le plus au Nord possible du pays, à Phongsali en prenant un bus de nuit et non le bateau comme nous l’avions prévu.


La journée du lendemain s’annonce donc sous le signe de la détente en attendant notre transport. Nous déambulons ainsi dans la ville tranquillement en prenant le temps pour les repas. Cela sera donc un long petit-déjeuner dans la cahute d’un franco-laotien venu se reinstaller au Laos pour sa retraite il y a à peine 2 ans – celui-ci nous montre d’ailleurs pas peu fier la maison qu’il est en train de retaper -, puis une pause déjeuner où nous nous délectons de rouleau de printemps frais
Alors que l’heure du bus approche, une nouvelle tempête éclate, encore plus impressionnante que celle de notre arrivée. Les locataires de la guesthouse se réunissent dans l’entrée pour observer les dégâts produits par les bourrasques de vent et regarder tomber la pluie. Nous entamons la discussion avec un couple d’Espagnols et leur indiquons que nous quittons la ville quelques heures plus tard pour le Nord. A leur expression, nous comprenons que nous n’avons peut-être pas choisi la bonne destination. Ils nous expliquent effectivement qu’ils en reviennent juste et que les désagréments du voyage et l’antipathie des habitants ne valent absolument pas le déplacement. Nous laissons donc passer l’heure de notre bus et optons pour une autre destination plus inspirante, l’est du pays en débutant par la remontée de la rivière Ou en bateau. Nous passons la soirée en leur charmante compagnie à partager nos expériences de voyage.
Date : du 29 Mars au 1er Avril
0 comments:
Enregistrer un commentaire