Vang Vien : Lao San road

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A bord du bus VIP censé nous conduire de Tha Khaek à Ventiane, nous culpabilisons un peu d’avoir choisi le confort et la rapidité à la lenteur des bus locaux. Malheureusement être VIP n’empêche pas de crever. Alors que nous patientons, le sentiment prédominant n’est alors plus de la culpabilité mais du dépit en pensant aux modestes euros que nous aurions pu économiser pour un même temps de parcours.

Décidés à ne pas rester à Ventiane, nous nous informons sur la possibilité de partir dans l’après midi pour Vang Vien. Le chauffeur de tuk-tuk nous conduisant de la gare Sud à la gare centrale de Ventiane nous dépose devant un bus en nous disant de le prendre. Alors que nous nous interrogeons, un jeune homme parlant bien anglais nous demande où nous allons. Notre réponse déclenche aussitôt une diatribe sur le fait qu’il est trop tard car les bus partent avant 13h. Nous posons la question à un agent dans sa cahute qui nous dit la même chose. Bien entendu, le jeune homme nous propose une solution de repli, comme un minivan à 250 000 Kip (25€) par personne. Gentiment, nous lui répondons que c’est hors budget et que nous préférons passer la nuit à Ventiane. Bien entendu, le prix peut baisser autour de 200 000 mais une autre solution est envisageable : de la gare Nord, un bus part pour Luang Prabang cet après midi et passe par Vang Vien. Si nous lui payons les billets 75 000 Kip par personne, il nous règle tout. Trouvant encore le tarif un peu trop cher, nous nous interrogeons en lui disant que de toute façon nous sommes assez grand pour aller acheter nos billets nous même. Finalement il nous apprend que pour 60 000 kip par personne, il est possible de prendre un taxi-bus cet après-midi pour Kasi qui passe par aussi Vang Vien. Ce n’est pas un prix énorme mais quand même plus cher que notre trajet jusqu’à Ventiane alors que c’est deux fois plus court. Comme nous connaissons maintenant la direction, nous allons demander le prix pour Kasi à l’agent dans sa cahute Celui-ci nous indique alors le prix pour Kasi, 40 000 Kip par personne et pour Vang Vien, 30 000 Kip… Comme c’est la première fois qu’un Laotien nous prend pour des jambons, nous n’hésitons pas à le pourrir en public, et le gentil jeune homme quitte tout penaud la scène.

Nous montons donc dans notre modeste bus après avoir avalé nos sandwichs pâté préférés. Comme une introduction à ce que nous attendons de Vang Vien, ville de tous les vices d’un niveau supérieur à Don Det, un anglais alcoolisé commence à débiter sa vie dans le bus. A 24 ans et après avoir perdu sa licence de paysagiste pour abus d’alcool, ce jeune homme voyage sur deux ans et demi et s’est installé à Vang Vien pour trois mois où il officie en tant que barman à longueur de nuit. Sa voix nasillarde et endormie par l’alcool nous insupporte et nous essayons de l’ignorer, bientôt délivré par son endormissement.

P1030283C’est alors que commence le plus rapide trajet entre Ventiane et Vang Vien. Le chauffeur, certainement plus habitué que nous à cette route montagneuse, roule à une allure folle et nous sommes ballotés comme dans un wagon de grand huit. Personne n’ose dire un mot mais tout le monde s’accroche à son siège dans les virages les plus serrés. En pleine nuit, nous arrivons finalement sain et sauf à notre étape.

Dans leur blog, Anne-K et Thomas, nos compagnons de voyage en Inde, avaient fait mention d’une charmante guesthouse offrant des bungalows au bord de la rivière dotés de Wifi. C’est donc l’ordinateur à la main que nous déambulons dans la rue principale essayant de trouver un pont assez distinctif aperçu dans leur film. Nous interrogeons une guesthouse, un stand et finalement un restaurant désert. Le couple de propriétaires cherche tant bien que mal à nous aider à identifier cette guesthouse : ils sortent des plans, appellent du renfort, se creusent les méninges… pour finalement nous apprendre que, oui, ils reconnaissent bien l’endroit mais qu’il s’agit en fait d’un restaurant ! Attendris par leurs efforts et leur extrême gentillesse, nous décidons de nous accorder une pause dîner chez eux avant de nous trouver un toit. Ce restaurant deviendra notre repère pour toute la suite du séjour.

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Lorsque nous découvrons la petite ville au matin, nous sommes un peu surpris par la beauté des paysages alentours qui tranche avec la banalité de la ville dont les quelques rues consistent en un alignement de restaurants bas de gamme et de guesthouses criardes. Au vu du nombre de nouvelles constructions, le pire reste, malheureusement, sûrement à venir… De plus, entre les touristes avachis dans les restaurants en train de regarder des épisodes de Friends ou des dessins animés, ceux sortant de leur séance de tubing avec des tatouages ringards au stylo, et enfin les night clubbers tout bourrés, nous nous interrogeons sur le ressenti des locaux. Leur position ne doit pas être facile car l’afflux massif de touristes constitue à la fois une (la seule) source de revenu mais aussi une nuisance au regard des traditions et bienséances bafouées, et à l’image dégradante véhiculée auprès de leurs enfants. Le sujet est difficile et le petit niveau d’anglais de nos restaurateurs préférés ne nous permet pas de l’aborder avec eux.

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P1030298 Bien heureusement, en s’éloignant un peu, il est encore possible de profiter du somptueux paysage sans les désagréments du tourisme. Nous nous lançons ainsi dans une marche de 15 km pour rejoindre une grotte. Nous avons beau avancer et dépasser certains pics, d’autres apparaissent toujours plus loin.

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Au bord du chemin, de nombreux panneaux font la promotion des grottes environnantes : les pics semblent regorger d’excavations avec chacune sa petite distinction (bouddha, rivière, stalactite …). Celle que nous atteignons, affublés de jeunes garçons qui nous ont servi d’escorte depuis le dernier village, possède un surprenant lagon de couleur bleue. L’endroit pourrait être sorti d’un compte de fées s’il n’était pas déjà aménagé en air de jeux d’eau et de picnique pour les hordes de touristes thaïlandais. Nous grimpons jusqu’à la grotte dont l’entrée se trouve à environ 200 m de haut sur la falaise. Derrière une petite ouverture se cachent une impressionnante salle et bien d’autres ramifications que nous ne pouvons explorer ayant oublié nos lampes frontales. Nous prenons donc le chemin du retour, pas vraiment séduits, et espérons pouvoir mettre à profit le réseau Wifi qui plane sur la ville pour appeler parents et amis après ces presque 3 premiers mois de voyage.

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Date : du 26 au 29 Mars

2 comments:

AnneK et Thomas a dit…

En fait pour trouver la guesthouse avec les bungalows, il fallait remonter la rue qui longe la Nam Song. La rue dont je parle est bordée de restos et de pontons menant à l'île. A un moment, ça remonte un petit peu, et sur la gauche, il y a un abri avec un hamac et un frigo. C'est là ! Quand on y était, c'était tenu par Sean et Christina (Australien et Allemande), mais ça a pu changer.

Quentin a dit…

Ca nous fait bien plaisir d'avoir de vos nouvelles!! Nous sommes fraichement arrivés au Vietnam après un long trajet vers Hanoi depuis Sam Neua. Pour Vang Vien, nous sommes passés voir cette adresse mais nous avons préféré un petit bungalow un peu plus loin (mais peut être plus bruyant). On pense en tout cas bien souvent à vous, notamment lorsque nous (re(re))regardons vos films et relisons vos posts. Nous espérons que votre retour n'est pas trop dur et que l'atterrissage s'est fait sans trop de violence.
Nous vous embrassons fort.

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