Myanmar : J’aime / J’aime Pas


La plupart des guides de voyage sur la Birmanie commencent par un chapitre « faut-il ou ne faut-il pas se rendre en Birmanie ? », compte tenu du régime politique et de ses bien connues exactions. Sur les conseils de nombreux voyageurs nous décrivant ce pays comme le plus beau de l’Asie du Sud Est, nous avions décidé de ne pas le boycotter et d’y passer trois semaines. Notre bilan sur le pays est toutefois beaucoup plus nuancé en comparaison des louanges de nos prédécesseurs.

Si certains trouvent intéressant de faire un bon 100 ans en arrière et apprécient la vision des chars à bœufs (les birmans s’en amusent par ailleurs), du dur travail manuel dans les champs, de l’absence d’eau courante et d’électricité dans les villages - ce qu’ils nomment généralement « authenticité » -, nous regrettons pour notre part la léthargie ou douce torpeur contrainte dans laquelle est plongée la population. Au regard des richesses naturelles que possèdent ce pays (pétrole, rubis, or, bois …), de certaines infrastructures notamment autour de la nouvelle capitale ou encore des énormes villas des généraux, on se dit que si le pays est comme suspendu dans le temps, c’est principalement le résultat de la corruption et d’un manque de liberté, notamment d’entreprendre.

Si certains trouvent la profusion de pagodes et de représentations de bouddhas impressionnante, nous sommes restés plutôt dubitatifs, compte tenu de la récence de bon nombre de constructions. Les Birmans préfèreraient-ils faire des donations ou s’offrir un bouddha pour sauver leur âme plutôt que d’investir dans l’avenir, notamment dans les écoles ? Ce n’est pas très étonnant quand on sait qu’une bonne partie des fonds serait noyé dans les dessous de table et autres détournement d’argent. La ferveur religieuse ainsi que l’importante communauté de moines, nous font ainsi bien plus penser à un opium du peuple.

Enfin, qui ne serait pas choqué de voir autant d’adolescents  travailler et de femmes s’affairer à des travaux pénibles (construction de routes, travaux des champs…) ? Pendant que les hommes sont où : nous ne le saurons jamais vraiment…

Il n’en reste pas moins que certains paysages sont magnifiques, et certainement encore plus beaux juste après la saison des pluies, et que les gens sont d’une gentillesse incroyable. Que pouvons-nous leur souhaiter de plus que d’arriver à sortir de cette torpeur et de se libérer du joug de la junte ? Sans guerre civile, comme le souhaitent les Birmans.

Ce que nous avons aimé :

* L’expérience humaine de nos randonnées autour du Lac Inle
* L’amabilité et la générosité des gens qui n’ont que peu à donner
* La silhouette élancée des hommes dans leur longi
* Les paysages magiques traversés lors de notre croisière vers Hpa An

Ce que nous n’avons pas aimé :

* La majorité des plats birmans, assez insipides
* La profusion de pagodes et bouddhas dont l’ancienneté est très limitée
* La sensation d’être, en tant que touristes, dans un état de liberté conditionnée et surveillée

Est-ce que nous y vivrions ?

NON, parce que :
* Tout simplement, le régime politique actuel maintient le pays dans un état de pauvreté et de sous-développement intolérable

 Est-ce que nous y reviendrons ?
OUI, d’ici quelques années et si le régime politique a changé, pour
* Pouvoir accéder à des zones plus reculées qui semblent de toute beauté et qui sont pour le moment interdites aux étrangers
* Mesurer les progrès sociaux et économiques que généreraient un tel renversement politique

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