Khajuraho…ooohhhh !!!


Nous sommes arrivés à Khajuraho avec un certain nombre de préjugés et donc d’appréhensions. Les Indiens que nous avions pu rencontrer nous en avaient dit énormément de bien tandis que la plupart des touristes occidentaux y avaient souffert de l’insistance intrusive des rabatteurs. Il faut dire que Khajuraho se prête bien à ce petit jeu qui consiste à attirer à tout prix le touriste dans une boutique de « magnifiques » souvenirs, « juste pour voir » comme ils disent : passage obligé pour visiter les  temples classés au patrimoine de l’UNESCO, une grande ligne droite bordée de boutiques traverse la ville et permet aux commerçants de vous suivre sur bien des mètres. Nous avons donc été relativement surpris de ne pas subir le harcèlement décrit et avoir pu profiter du site…ou peut être que nos techniques mises au point pour dissuader ces marchands de tapis se sont révélées particulièrement efficaces ! Plusieurs cordes à nos arcs, avec des degrés d’efficacité variables :
* L’indifférence totale, sur le mode « je ne t’entends pas » : il faut prévoir des boules quies car l’aboutissement peut être tardif
* La femme énervée : les indiens ne sont pas habitués à se voir crier dessus par des femmes
* Le mari macho : ils se sentent tout penauds quand on leur fait croire qu’ils ont insultés l’épouse
* La demande de roupies, à savoir leur demander de l’argent pour accepter d’aller voir leur boutique : l’effet miroir finit par les faire sourire
* Les gestes bizarres (regarder fixement et étonné la main de la personne qui vous montre sa boutique, pointer son T-shirt du doigt comme s’il avait une tâche, …) : très déstabilisant pour eux, car ils ne perçoivent pas de prime abord l’humour sous-jacent



Une fois débarrassés de tous ces intrus, il est donc possible de découvrir Khajuraho. Comme bien d’autres sites déjà visités, la ville compte une forte et étonnante concentration de temples dans une région reculée. Mais ceux-ci ont une particularité assez originale : ils sont ornés de sculptures très coquines, qui ont et peuvent encore choquer les âmes les plus puritaines ! Ainsi peut-on observer des frises ouvragées représentants des danseuses aux positionnements sensuelles et évocatrices, des couples se livrant à d’étranges acrobaties et des hommes très familiers avec les animaux… Plusieurs explications sont données à cet érotisme taillé dans la pierre, mais aucune certitude: un but éducatif pour les jeunes brahmanes, un moyen de transcender les maux de l’univers et parvenir à l’Eveil, une protection par le Dieu de l’amour… Les sculpteurs talentueux ont en tout cas pu laisser s’exprimer toute leur imagination dans des détails saisissants, il y a déjà plus de mille ans de ça… En dehors de ces sculptures, finalement répétitives, les dômes de ces temples nous auront tout particulièrement marqués : en effet, leur structure et la couleur de la pierre utilisée nous renverront quelques années auparavant quand nous jouions encore avec les constructions Kapla en bois.

Date : du 27 au 28 janvier

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