Delhi 4 : 1ère expérience ferroviaire


Les retards sont importants. On nous annonce environ 1h15 d’attente pour notre train alors que d’autres sont annoncés avec plus de 10h de retard. Pour autant tout semble calme. Les gens bien entendu s’agitent mais sans énervement. Les voyageurs autant que les travailleurs qui vident et rechargent les trains de marchandises attendent paisiblement que ce fameux train annoncé il y a plus d’une heure n’arrive. Il est assez difficile d’imaginer le chaos qu’auraient provoqué de tels retards en France. Nous nous doutons que ceux-ci sont dus au brouillard mais aucune annonce ne sera faite, aucun gilet rouge ne passera...simplement d’incessants messages rappelant que l’indian railway is deeply sorry for the inconvenience.

Nous décidons d’attendre tranquillement notre train : dans un premier temps dans le bureau de l’« international tourist information» puis au niveau de la passerelle qui relie les 16 quais de la gare. Des milliers de visages passent. Accoudés, attendant patiemment, nous les regardons Nous avons toujours aimé regarder d’un œil les gens qui passent que cela soit dans la rue ou dans le métro. Généralement, on ne dispose que de quelques secondes pour se faire une idée de la personne. Cela ne sert pas à grand-chose mais cela fait passer le temps.

La passerelle des quais de Delhi nous a fourni un terrain de jeu extraordinaire. Subjuguante diversité de peau, de couleurs d’yeux et de regards. Des valides avec une démarche assurée aux estropiés plus chaloupée, de ceux qui voyagent léger à ceux qui transportent sur leur tête 2 ou 3 valises remplies à craquer, des turbans soignés pour les Sikhs à la simple écharpe mise autour de la tête en englobant la mâchoire comme pour soulager une rage de dent…

Nous attendrons finalement un peu plus de 4 heures. Dans le train, nous nous retrouvons à côté d’une gentille famille dont le petit garçon, fasciné par notre ordinateur, restera patiemment à nos côtés pour nous regarder écrire. Pendant que cet enfant au regard émerveillé regardent les quelques photos que nous avons de notre vie parisienne, les bidonvilles du Sud de Delhi défilent lentement à nos cotés. Nous échangeons quelques mots sur notre voyage avec les parents et quelques photos avec le petit garçon qui s’amuse et parfois s’impatiente avec son appareil photo.

Les marchands ambulants entament leur incessante tournée, parcourant ce train d’une longueur impressionnante, et proposent toutes sortes d’en-cas : des chips industrielles au biryani épicé, des boissons fraiches au traditionnel thé.

A travers la vitre se succèdent de larges plaines verdoyantes, des villages quelques peu délabrés mais souvent très colorés et des habitations aux toits de chaume, quelques animaux en liberté et des buffles trainant des carrioles agricoles. A l’exception des chemins en terre battue rouge que coupe la voie ferrée et qui valent un bon coup de klaxon, ces paysages nous paraitraient presque familiers. Un brouillard tombe progressivement sur la campagne indienne et nous approchons progressivement d’Agra.

2 comments:

Unknown a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Eric et Elisabeth a dit…

ça y est: après plusieurs essais et des inscriptions à différents comptes, j'ai réussi à faire un commentaire.
Donc un grand merçi pour tous ces récits qui nous mettent vraiment dans l'ambiance du pays et ainsi de ce que vous êtes en train de vivre. Continuez!
On vous embrasse

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