Delhi 3 : New Delhi et les rides en rickshaw
De part en part d’une immense avenue, se dressent les bâtiments officiels et l’arc de triomphe indien, l’India Gate. Ce sont en quelque sorte leurs Champs Elysées mais de grandes pelouses, où se reposent des indiens et jouent des enfants au cricket, remplacent les magasins de luxe.
Perchés sur une petite butte, la résidence officielle du président indien et les principaux ministères dominent l’avenue. Les temps coloniaux ne semblent pas si loin : nous imaginons parfaitement le roi des Indes déambuler dans son jardin avec de kitchissimes arbustes taillés en forme d’éléphant. Plus extravagant, une petite foule s’est accumulée devant l’un des ministères. Alors qu’une réunion au sommet s’y tient, une manifestation prend soudainement naissance…ou plutôt deux manifestations ! S’y opposent sous le regard amusé des journalistes présents pour l’occasion, les séparatistes et les non séparatistes d’un des nombreux états indiens. Une quinzaine de personnes dans chaque camp scandant leurs messages en hindi et en anglais. Avec un peu de chance, nous passerons à la télévision, mais dans quel camp ?
Pour amorcer notre compréhension de la culture et de l’histoire indienne, nous nous rendons au National Museum. Armés de nos écouteurs, nous parcourons le temps depuis 5000 ans avant JC et la civilisation Harapéenne jusqu’à nos jours et l’histoire de la marine indienne. Nous découvrons de belles pièces représentants les divinités hindoues mais nous retrouvons un peu perdu entre tous leurs avatars : bien comprendre les liens entre Shiva, Krisna, Vishnu et autres déités nous demandera quelques recherches complémentaires… Nous nous attardons un peu sur des peintures dont les couleurs intenses, la simplicité des sujets, la finesse des traits et parfois les techniques surprenantes (utilisation d’ailes de scarabée pour mimer des brillants) tranchent avec les représentations que nous connaissons. Finalement, un cortège d’étudiants turbulents nous déloger a de cet interlude culturel.
Nous rejoignons enfin l’India Gate et décidons de tenter l’expérience d’un auto-rickshaw pour rejoindre le temple du Lotus un peu excentré. Jusque là nous nous étions restreints au métro par crainte d’une part des entourloupes mais surtout de la conduite « particulière » des chauffeurs de ces bolides à 3 roues. Finalement, le trajet se passe bien : le chauffeur, un peu âgé, ne fait pas d’imprudence, même dans les embouteillages.
Nous découvrons alors le temple de la sérénité qui a pour nous un air familier : avec ses immenses feuilles en marbre blanc se détachant sur le ciel déclinant, entouré de piscines, ce lotus géant ressemble fortement au Sydney Opera House. Face à une telle architecture, notre conversion au Bahaïsme nous a effleuré l’esprit…
Après ces instants de calme et de spiritualité, le retour vers le centre sera quant à lui plus mouvementé : un chauffeur Fangio nous ramenera après quelques sueurs froides dans les embouteillages nocturnes…sains et saufs.
Publié :
jeudi 7 janvier 2010
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