Machu Picchu : ¡Que Machu Picchito* !
Pas de stress pour la montée : tant pis si nous ne sommes pas parmi les 400 « élus » qui auront le droit de monter au Wayna Picchu. Nous avons plutôt en tête le Cerro Machu Picchu qui domine tout le site. Nous partons donc tranquillement vers 5h30 du matin en direction des escaliers conduisant au site. A l’arrêt de bus, une longue file de fainéants attend patiemment le prochain bus en direction du site. Nous entamons l’ascension sur un bon rythme, accompagné d’une petite chienne qui nous attend à chaque tournant d’escaliers. Nous ne rencontrons personnes : rares sont les courageux à se livrer à cet exercice matinal, tout du moins à cette heure-ci.
Après une heure de montée sans arrêt, nous atteignons l’entrée. Le passage est une formalité et nous entrons donc sur le site mythique alors que bien des groupes s’y trouvent déjà. Notre première vue du site est tout à fait conforme aux cartes postales…mais en plus petit et plus peuplé ! Les incas ont désertés les lieux il y a bien longtemps, remplacés par des hordes de touristes en quête de spiritualité. Le site archéologique nous apparait finalement bien petit à nos yeux en comparaison des montagnes environnantes qui nous font bien plus d’effets que ces pierres consciencieusement restaurées.
Après quelques photos, nous ne nous attardons pas plus et profitons de la fraicheur (du matin et de nos muscles échauffés) pour entamer l’ascension du cerro Machu Picchu : une bonne heure de grimpette sur des escaliers ombragés, irréguliers et parfois très escarpés. Tout se joue à l’endurance et l’obstination, mais la récompense est de taille : une vue dominante et panoramique sur le site, toute la vallée et les sommets enneigés. D’ici, les touristes n’apparaissent plus que comme des petites fourmis à l’œuvre entre les différents bâtiments. Les montagnes forment un véritable écrin à ce site. Nous profitons pendant presque deux heures de notre perchoir paisible, rejoints petit à petit par d’autres visiteurs.
Une fois redescendus, nous poursuivons notre exploration vers la porte du soleil. Arrivée du célèbre (et sélectif…) trek du chemin de l’inca, le petit monument offre un nouvel angle de vue sur le Machu Picchu, malheureusement un peu défiguré par les innombrables lacets que forme la route d’accès pour les bus.
Bravant l’interdit, nous nous réfugions dans un petit coin ombragé pour préparer nos sandwichs. Le règlement du site fait en effet état d’un nombre important d’interdictions : pas de grand sac à dos, pas de bouteille en plastique, pas de nourriture… la liste est longue et parfois un peu excessive ! Il y a bien une sorte de cafétéria à l’entrée mais les prix pratiqués sont complètement hallucinants. Hors de question pour nous de payer un sandwich 25 Sols. Discrètement, nous dégustons donc nos produits locaux (avocats, tomates, fromage et thon) tout en appréciant la vue.
Le soleil est haut dans le ciel quand nous reprenons les petits chemins pavés. Ils nous conduisent vers une nouvelle curiosité : le pont de l’inca. Le pont en tant que tel ne présent qu’un intérêt limité ; en revanche, le sentier étroit taillé dans la paroi est très impressionnant. Il nous rappelle les escaliers empruntés deux jours auparavant entre Santa Maria et Santa Teresa : le vertige ne devait pas être permis à ces petits hommes et leurs bêtes en route vers le sanctuaire.
Les visites annexes terminées, nous nous attaquons au plat de résistance : l’ensemble des habitations et monuments, dont les photographies ont fait le tour du monde. Parfois pris en sandwich entre deux groupes de visiteurs, nous avançons lentement et écoutons d’une oreille distraite les quelques explications (de temps à autre très farfelues…) données par les guides. Peut-être aurions-nous dû nous aussi nous offrir une visite guidée : celle-ci aurait sûrement donné un peu de sens et de vie à ce qui apparaît à nos yeux novices comme de simples murs de pierres. La magie a du mal à opérer sur nous et nous regardons le tout avec une certaine distance, ni émerveillés, ni subjugués.
Bien fatigués par toutes nos allées et venues, et les innombrables marches gravies au cours de cette longue journée, nous prenons le chemin du retour vers Aguas Calientes. Nous descendons d’un bon pas, mais sommes malgré tout doublés par quelques énergumènes qui dévalent les marches en courant. Pour quelle raison, nous ne le saurons jamais.
A l’entrée du village, nous tombons nez à nez sur Marie et Pierre, que nous avions rencontrés à notre arrivée à Arequipa. Nous parcourons les derniers mètres ensemble leur prodiguant quelques conseils pour leur visite du lendemain, et décidons de nous retrouver pour diner le soir même. Un jus de banane à notre stand favori, une bonne douche et une petite sieste plus tard, nous nous attablons pour un repas traditionnel et passons une bien charmante soirée tous ensemble.
Pourtant sans contrainte de temps, nous nous réveillons de nouveau aux aurores. La ville se réveille doucement, les écoliers accompagnés de leurs parents rejoignent les bancs de l’école après avoir pris un petit-déjeuner au marché. Nous sirotons un dernier jus et grignotons une part de gâteau en attendant de prendre notre train en direction d’Ollantaytambo. Avec tous ces problèmes de grève, il était bien hors de question de refaire le même chemin qu’à l’allée et nous avons donc choisi l’option confort cette fois-ci pour rejoindre Cusco (train + bus), où les parents de Céline arrivent le soir même.
Du 10 au 11 Août
* le suffixe –ito est très fréquemment utilisé en espagnol (et notamment en Bolivie) pour ajouter un caractère petit à la chose désignée
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