San Pedro de Atacama : pas si crunchy les tours

IMG_0611

Après une petite journée de bus depuis Salta qui nous a permis de revoir Humahuaca, les Salinas Grandes et notre chère Susques, nous débarquons dans la jolie bourgade de San Pedro de Atacama. Certes la ville est très touristique avec des hôtels, restaurants et leurs rabatteurs, et agences de voyage à tous les coins de « la rue », mais il y règne une atmosphère agréable à laquelle contribuent de simples maisons en adobe. Nous allons de suite consulter quelques agences pour visiter la région et se renseigner sur les virées vers la Bolivie et le Salar d’Uyuni. Nous optons pour trois tours : les lagunas altiplanicas et le salar d’Atacama, les geysers de Tatio et enfin une ascension de volcan à choisir.

IMG_0587IMG_0588 IMG_0593

En revanche, pour découvrir la Valle de la Luna le lendemain, nous préférons une balade en solo. Dès notre départ de la ville, un petit chien noir se lance à notre poursuite. Il n’a pas le droit de rentrer dans le parc mais nous rejoint malgré tout très vite et en dépit du divertissement que tentent les jeunes gardiens. Nous allons de canyons en dunes de sable, écoutons des rochers craquer, gravissons quelques côtes difficiles, restons perplexes devant les Tres Marias et partons à la recherche de mines de sel désaffectées. Les paysages ne nous convainquent pas plus que cela et nous préférons de loin la vision panoramique de la chaine de volcans qui séparent le Chili de l’Argentine et de la Bolivie à cette vallée sans vie (d’où son appellation) et ses cars de touristes. Même le couché de soleil du haut des dunes de sable, que tous les tours vantent, est décevant.

P1440662 P1440665 P1440668 P1440676 P1440688

Après avoir pédalé dans le noir complet pendant quelques kilomètres pour rejoindre la ville, nous apprenons que nous ne ferons pas le tour avec l’agence que nous avions choisie. Faute de participants, un certain nombre d’agences se sont regroupées pour limiter les coûts. N’ayant pas vraiment le choix, nous acceptons tout en demandant à ce que nous soyons partiellement remboursés, l’agence choisie étant parmi les plus chères de San Pedro. Le rendez-vous est pris à 8h du matin au lieu des 6h prévu initialement pour voir le levé du soleil sur le désert d’Atacama.

Le lendemain, à l’heure dite, nous montons dans notre petit bus avec six autres personnes pour la journée d’excursion. Première halte dans notre périple, le village de Toconao où nous visitons la faille de Jeche qui a la particularité d’héberger une abondante végétation et des arbres fruitiers grâce à l’eau provenant d’une rivière. Ce décor d’oasis en plein milieu du désert est assez surprenant, tout comme l’a été le droit d’entrée réclamé à notre arrivée. Même s’il ne s’agit pas de grand-chose, nous tombons des nues, n’ayant pas été prévenus par notre agence. N’ayant pas fait de retrait depuis quelques jours, n’avons que peu au fond de nos poches…et aurions tout aussi bien pu partir sans un sous le matin.

P1440699

L’arrêt suivant est beaucoup plus intéressant (et encore payant) : le Salar d’Atacama. Avant d’aller découvrir ce désert le plus sec du monde et ses quelques lagunes habitées, nous avons droit à une petite collation, qui n’a rien à voir avec le petit-déjeuner promis par l’agence et que réclament nos estomacs depuis notre départ. Nous regardons sagement un documentaire sur le Parque de los Flamencos et ses particularités : nous y apprenons que trois types de flamants viennent grignoter les microorganismes des eaux salées (Chilien, Andéen, de James), que le mode de gestion de ces ressources naturelles intègrent complètement la communauté indigène…Puis nous empruntons un court sentier menant à différents points de vue sur les formations de sels et pierres volcaniques, et les flamants roses qui ont élu domicile sur la Laguna Chaxa. Nous sommes bien loin des Salinas Grandes argentines homogènes et toutes lisses : ici, nous observons une croûte épaisse et irrégulière de couleur café au lait, sur laquelle marcher peu s’avérer aventureux. Nous approchons doucement des oiseaux roses mais ne pouvons malgré tout les observer que de loin. Leur grâce est toutefois indéniable et leur envol un joli ballet. Le panorama reste spectaculaire, la chaine des volcans se détachant de l’immensité blanchâtre. Nous y reconnaissons le volcan Lascar et ses fumerolles, dont nous approcherons de prêt d’ici quelques jours. Mais c’est une autre histoire…

P1440708 P1440711 P1440735 P1440737 IMG_0607

Nous quittons le désert pour les deux fameuses Lagunas Altiplanicas Miscanti et Miñiques aux pieds des volcans éponymes. Certes, le cadre est charmant et à cette altitude (plus de 4000 mètres), nous prenons une bonne bouffée d’air frais, mais les lacs en tant que tels n’ont rien de vraiment stupéfiant. De plus, la balade que nous pourrions faire de l’un à l’autre n’est pas autorisée dans le cadre du tour. Nous nous renfrognons un peu plus et commençons déjà à réfléchir à notre stratégie de réclamation auprès de l’agence.

IMG_0615P1440755

Pour rajouter à notre déception sur le tour, nous apprenons au cours du déjeuner que la France est définitivement éliminée du Mondial. Enfin, quand on parle de déception, c’est un peu exagéré : finalement dans un cas comme dans l’autre, nous ne nous attendions pas à grand-chose…

Pour clore cette journée, on nous impose un nouvel arrêt dans la ville « traditionnelle » de Toconao. Hormis le campanile et un lama tout particulièrement affectueux, nous ne voyons aucun intérêt à cet arrêt. Le chauffeur n’est sûrement pas de cet avis, lui qui en profite pour astiquer amoureusement et à grandes eaux (dans un désert, rappelons-le…) son bus Mercedes.

P1440759 P1440760

De retour, nous nous dirigeons donc prestement vers l’agence : nous exposons à la jeune fille nos griefs et réclamons non seulement de ne payer que le prix du tour de l’agence qui nous a conduit, mais aussi d’annuler le tour du lendemain et d’en être intégralement remboursés. Nous en rajoutant un peu invoquant la confiance perdue et la déception, mais l’idée de repartir pour un tour organisé le lendemain ne nous fait plus du tout envie. Le patron essaie tant bien que mal de rattraper l’affaire mais finit par répondre à nos exigences. Tout ceci nous arrange bien : demain, une bonne journée de calme et de repos ne sera pas superflue avant d’aller affronter le Lascar !

Libérées d’un levé plus que matinal, nous nous donc prélassons tranquillement dans notre lit puis passons notre journée à écrire, regarder internet et préparer à la fois psychologiquement et matériellement notre ascension du volcan. Nous suivons à la lettre toutes les recommandations du guide : nous achetons boissons énergisantes et fruits secs pour les coups durs lors de l’ascension, ainsi que des briques de lait sensé faciliter l’élimination du souffre pour notre retour, préparons notre change de vêtements, évitons de manger de la viande et dînons d’une soupe légère et d’un simple plat de pâtes, et enfin nous couchons comme des poules.

Date : du 20 au 23 Juin

0 comments:

Enregistrer un commentaire