Arequipa et le Cañon de Colca 2 : en long, en large et en hauteur.
Péniblement, nous rentrons tous dans le minivan, certains préférant malgré tout garder avec eux leur sac à dos, craignant surement que celui ne tombe du monticule dressé sur le toit. Après avoir changé une roue (les autres étant pourtant dans un état tout aussi douteux), nous voilà partis. Alors que beaucoup de gens décrivent la conduite des Péruviens comme très sportive, nous avons l’agréable surprise de tomber sur un jeune conducteur doux et plus qu’attentionné : il ira même jusqu’à s’arrêter en chemin pour nous présenter des curiosités touristiques (et peut-être aussi pour mettre le moteur au repos quelques minutes) ! Nous ne voyons pas le temps passer, discutant tout du long avec un couple de Français travaillant en Guyane et profitant par intermittence de la magnifique route longeant le Cañon.
Après quelques trois heures tout de même douloureuses, nous arrivons à la nuit tombée à Cabanaconde. Du fait de ce retard, notre planning est bien chamboulé : nous ne disposons plus que de trois jours sur les quatre planifiés pour descendre dans le Cañon, ayant comme contrainte notre trajet Arequipa-Lima déjà réservé.
Nous partons donc le lendemain vers 8h, bien décidés à rattraper notre retard. D’un bon pas, nous entamons la descente vertigineuse dans le Cañon, en direction de San Juan. Le long de falaises abruptes, le chemin caillouteux serpente, tantôt en pente douce, tantôt assez raide. Croisant quelques randonneurs, nous imaginons déjà la remontée, sûrement à une toute autre allure… pour le moment, nous profitons des vues magnifiques sur ce Cañon qui dévoile petit à petit des pueblos, des pâturages, voire même un oasis en son fond.
Après 2h30 de descente, nous atteignons enfin la rivière. Nous nous y reposons quelques minutes avant de regrimper vers San Juan, suivant un sentier empierré au milieu des arbres fruitiers et notamment de figuiers dont l’odeur nous procure toujours un vrai plaisir. Il est encore tôt et nous décidons de pousser vers Malata pour le déjeuner. Empruntant un sentier qui surplombe tout d’abord gentiment San Juan et profitant de la fraicheur de quelques ruisseaux, nous arrivons au pied d’une première montée. Il est environ 11h30 mais le soleil tape déjà fort, et, sans nos casquettes, nous peinons un peu dans les courts lacets. Il y a deux chemins pour atteindre Malata : il semble que nous ayons pris le plus compliqué …
Après une heure de montée, nous nous dégotons une auberge pour nous restaurer : en bénéficiant d’une belle vue sur les environs, nous dégustons une soupe traditionnelle, un plat de riz et pomme de terre au fromage, et enfin une infusion d’herbe locale. Nous serions bien restés ici pour la nuit, mais le retard de la veille nous oblige à reprendre la route : direction Fure, un petit village perdu au fin fond d’une vallée transverse.
Les quatre heures de marche annoncées se révèlent bien longues : dans des paysages toujours aussi magnifiques, Fure se fait désirer. Alors que nous montons, descendons, remontons..., nous n’avons aucune vue sur le village et nous commençons à désespérer. Enfin, après un dernier contournement de falaise, nous atteignons le minuscule pueblo aux maisons de pierres. Une jeune femme, dont la famille tient une hospedaje, nous attend au bout du chemin : ici, les touristes sont peu nombreux, et les « hôteliers » se disputent âprement les quelques brebis égarées. Nous prenons nos quartiers dans une pièce ultra modeste au sol de terre alors que la nuit tombe. Un autre couple de français, venu avec une jeune guide, a aussi trouvé refuge ici et nous partageons notre diner à la chandelle, profitant de leurs conseils et expériences péruviennes. Coupé du monde, le village s’endort rapidement et nous aussi, avec la perspective d’une autre longue journée de marche.
Date : du 21 au 26 Juillet
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