Quebrada Del Condorito : en avant, marche !
A défaut de parcourir les fameuses randonnées de Patagonie, nous n’avons pas lâché l’idée de faire un peu de sport et de profiter des opportunités de belles marches offertes par les parcs nationaux argentins. Ainsi, pour couper un peu le trajet entre Cordoba et Mendoza, avons-nous opté pour une journée dans le Parque Nacional de la Quebrada Del Condorito.
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Levés aux aurores, nous nous rendons donc, dans l’obscurité, à la gare routière de Cordoba pour attraper le premier bus censé nous déposer à l’entrée du parc. Comme il est possible de héler les bus en bord de route, nous sommes armés de tout notre paquetage dans l’idée de ne pas revenir sur nos pas pour passer la nuit.
Du bus nous voyons le jour se lever offrant de jolies couleurs rosées sur les immensités argentines. Le bus grimpe progressivement dans la sierra mais, au moment de repartir d’un arrêt pipi, à quelques minutes de notre objectif, le chauffeur nous informe qu’il rencontre une panne et qu’il nous faut prendre une petite navette, arrivée juste à point. Nous avons malgré tout pris une heure de retard sur notre objectif et nous commençons déjà à nous interroger sur la balade que nous allons pouvoir réaliser. Question à laquelle vient s’ajouter la crainte de Céline de ne pas pouvoir laisser nos gros sac-à-dos au bureau des rangers… Cette crainte devient de plus en plus pertinente alors que nous avançons sur un chemin menant de la route principale au sentier de randonnée. Un bon kilomètre sans rien voir (va-t-il falloir cacher nos sacs dans les petits bosquets d’herbes ?) puis le soulagement enfin : la maison des rangers est bien ouverte et nous pouvons y déposer nos bardas. Seul hic : ils ferment à 16h, ce qui ne nous laisse donc que 5h30 de marche. Trois sentiers sont possibles : le plus court jusqu’au Balcon Norte de 4h, le second de 6h jusqu’au Rio au fond du canyon, et enfin le plus sportif de 8h jusqu’au Balcon Sur de l’autre côté.
Nous partons donc rapidement en nous disant que, selon notre allure, nous aviserons sur le sentier que nous pourrons emprunter. Motivés par cette première marche en Amérique du Sud, nous allons bon train d’en un décor assez surréaliste avec des herbes folles d’un jaune pétant tranchant sur la pierre noire des montagnes voisines. Au loin, nous pouvons observer un immense lac surgi d’entre les étendues désertiques.
Nous marquons un premier arrêt au bout d’une heure au Balcon Norte pour observer le canyon où il est normalement possible de voir des condors. Au bout de 10 minutes, sans avoir rien vu et au regard de notre performance, nous décidons de pousser jusqu’au Rio.
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Au fond du canyon, soit une descente de 500 mètres effectuée au pas de course en 20 minutes, le Rio coule tantôt tranquillement tantôt en bouillonnant dans de petites cascades.
Toujours motivés, quoique surveillant de près le temps, nous nous lançons dans le dernier tronçon du sentier qui permet d’accéder au Balcon Sur. La montée est rude et nous doutons un peu de notre capacité à revenir à temps au bureau des rangers. Mais au sommet, bonne surprise, nous n’avons mis que 30 minutes pour parcourir les 500 mètres de dénivelé. Et l’effort en vaut vraiment la chandelle : le panorama est magnifique de ce côté avec une vue plongeante sur les parois abruptes du canyon.
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Dans les temps, nous nous accordons une courte pause pour préparer nos sandwichs et les avaler avant de faire la marche retour. C’est alors que quelques curieux viennent considérer notre déjeuner. D’immenses oiseaux tournoient au dessus de nous et nous finissons par reconnaître parmi eux les fameux condors. Nous engloutissons nos sandwichs avant que l’un d’eux qui s’approchent étrangement, ne vienne nous piquer notre pitance. De plusieurs mètres d’envergure, leurs allées et venues constituent un magnifique ballet que nous ne manquons pas d’apprécier.
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Il est temps de repartir et en maintenant un bon pas, nous arrivons même en avance chez les rangers. Il ne nous aura fallu que 5h pour une marche annoncée de 8h. En revanche, nos guiboles commencent à être un peu fatiguées et l’idée de rejoindre la route nationale avec nos gros sacs à dos sur le dos ne nous enchantent guère. Nous sommes alors sauvés par la gentillesse du ranger qui nous propose de nous déposer à l’intersection, ce dont nous avions rêvé en secret en approchant de notre but.
Nous attendons patiemment mais dans le froid le passage d’un bus en direction de notre prochaine destination : Mina Clavero. Nous retrouvons la même compagnie que nous avions prise le matin et comme on ne change pas une équipe qui gagne, nous tombons en panne à peine quelques mètres plus loin. Mais ce qui est le plus incroyable est qu’il ne faut attendre que quelques minutes pour voir arriver la navette de remplacement. Auraient-ils l’habitude de voyager en convoi ?
Date : le 31 Mai
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