Misiones : religion et boucan d’enfer
Arrivés dans la matinée à Posadas par un bus de nuit, nous décidons de poursuivre directement notre chemin pour nous rendre à San Ignacio. En effet, cette petite ville de campagne argentine, dans un calme absolu, ne recèlent que quelques rues désertes généralement en terre rouge, des maisons basses, une église et enfin la seul raison pour laquelle les gens viennent ici : une ancienne mission jésuite !
Fraichement débarqués, nous débutons la visite et découvrons la philosophie de ces moines humanistes ainsi que leur relation avec les peuples Guarani locaux. Même si le but initial était l’évangélisation des autochtones, les jésuites leur ont également apporté éducation, développement des arts musicaux et picturaux, ainsi que protection contre l’esclavagisme colonial de l’époque. La réussite du modèle de société créée a généré une telle jalousie en Espagne que le roi a ordonné le retour des moines, entrainant ainsi la disparition des missions.
Le site est en ruine mais plutôt bien restauré et les explications imagées rendent la visite vraiment très attractive : description de l’organisation de l’espace entre les habitations et les bâtiments religieux, des règles de vies, des habitudes alimentaires... Nous découvrons avec regret qu’il existe de nombreux autres missions dans la région, notamment au Paraguay où se trouvent les mieux conservées et qu’il est possible d’y accéder depuis Posadas ! Un spectacle son et lumières retraçant la vie dans les missions, apparemment très réussi, est joué chaque soir mais nous décidons tout de même de partir dans l’après midi même pour Iguazu
Toutefois, pour patienter, nous visitons la maison du célèbre écrivain Horacio Quiroga (vous avez de ne pas connaitre, nous n’en avions jamais entendu parlé avant). Sa vie est rythmée par les drames entre suicides, accidents mortels et divorces. Sans être vraiment être un incontournable, cette visite est agréable et nous donne l’envie de lire quelques uns des poèmes ou nouvelles de cette homme certainement torturé…
Iguazu
En arrivant sur le site, nous nouons la discussion avec un couple de jeunes français, Emeric et Marina, en vadrouille pour 7 mois en Amérique du Sud. Nous partons à la découverte du parc ensemble, en suivant les différents sentiers proposés. Ceux-ci offrent différentes vues sur les chutes, toutes plus spectaculaires les unes que les autres. Nous qui avons eu la chance de voir un certain nombre de cascades depuis le début de notre périple, sommes complètement bluffés par la puissance de celles-ci. Des trombes d’eau se jettent dans le vide sur une largeur et hauteur dépassant l’entendement et générant des pluies voire véritables douches pour touristes. Quelques jolis arcs-en-ciel viennent compléter le tableau. Le bruit est assourdissant. Les images, qui ne rendent que peu justice à la beauté du site, valent ici bien plus que des mots.
Après un court snack en compagnie de quelques couatis chapardeurs, nous empruntons un sentier plus calme jusqu’à une cascade modeste et un bassin dans lequel il est possible de se baigner … à la bonne saison. Dans cette végétation luxuriante peuvent se cacher des pumas : nous lisons bien les instructions et nous tenons prêts à nous gonfler et crier en cas de rencontre de ce type.
De retour à Puerto Iguazu, nous faisons le tour des guichets pour nous dégoter des billets pour Cordoba. Et oui, finalement, nous mettons de côté l’idée d’aller voir les chutes depuis les rives brésiliennes : le coût de l’entrée et la brève description offerte par les plans nous laissent penser que le détour ne vaut vraiment le coup. Et nous clôturons cette belle journée, par une bonne platée de pates fraiches aux œufs.
Avant de nous installer pour les 20 heures de bus et la nuit qui nous séparent de Cordoba, nous profitons de quelques heures ensoleillées pour s’offrir de bonnes patisseries au petit-déjeuner et une marche digestive (nécessaire) sur les rives du Rio Iguazu. A la confluence de ce fleuve et du Rio Parana, trois pays se côtoient : Argentine, Brésil et Uruguay que nous voyons à quelques encablées.
Date : du 26 au 27 Mai
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