Bali : tombé de rideaux sur l’Asie
Alors que nous posons le pied sur le port de Padangbai, nous avons déjà passé une petite journée sur Bali, juste avant de partir pour Flores.
Flash Back
A peine débarqués d’un vol Ho Chi Minh ville – Kuala Lumpur - Denpasar, nous ne voulons pas aller bien loin de l’aéroport et atterrissons donc dans la ville de Kuta, bien connue des backpackers et autres surfeurs australiens. Malgré la nuit, un premier aperçu des lieux depuis un taxi nous révèle une importante agglomération urbaine où se cotoient magasins de sports, restaurants aux menus internationaux, resorts moyen à haut de gamme et…quelques « monstres » balinais en pierre de lave.
Le lendemain, nous profitons du soleil pour louer une motorbike et, après avoir réglé la question des billets d’avion pour Flores, nous partons sur les routes de l’extrême sud de Bali. Celles-ci s’apparentent dans un premier temps à de véritables autoroutes puis rapidement à des montagnes russes. Dans une végétation luxuriante, nous allons de plages en plages dont l’accès est malheureusement régenté par de pseudo gardiens de parkings ou de véritables forteresses-resorts. La péninsule est plutôt jolie et dotée de vues sûrement attrayantes, mais malheureusement nous avons le sentiment que ces dernières sont prises en otage par de gourmands promoteurs immobiliers. Nous finissons malgré tout par trouver un petit coin sans « péage », et rejoignons notre première plage depuis la Thaïlande ! Il s’agit bien entendu d’une plage de surf où la baignade est rendue assez désagréable par les rochers affleurants et les surfeurs ne maîtrisant pas toujours les vagues imposantes. Quand un groupe d’une bonne centaine d’étudiants débarque sur le sable, nous quittons les lieux sur la pointe des pieds avant que les demandes de photos, nous en « bikini » et eux tout habillés voire voilés, deviennent vraiment gênantes. Sur le chemin du retour, pour patienter avant le diner, nous dégustons notre premier bakso, bouillon dans lequel flottent des boulettes de viande reconstituée, et plat dont on nous rappelle que Barak Obama est friand.
Donc quelques jours, baksos et aventures plus tard, nous voilà de nouveau à Bali. Face à la malhonnêteté des conducteurs de bémo, nous décidons de passer la nuit à Pandangbai. La ville, hormis son activité portuaire importante, n’est pas très grande et plutôt agréable. Elle dispose de jolies maisons de pur style balinais et de deux plages réputées, qui attirent progressivement les touristes à la recherche d’une retraite plus au calme, mais aussi les promoteurs étrangers que redoutent les snacks de bord de mer. La baisse saison est une bénédiction quand les plages ne font que quelques mètres de long et de large, mais incitent les balinais à un certain laxisme quant au traitement des détritus qui viennent s’échouer sur le sable. Nous profitons d’une bonne baignade dans les rouleaux, jusqu’à ce que la pluie de fin d’après-midi nous rappelle que nous avons du linge sur le vif. En effet, la tâche déjà ingrate de la lessive à la main dans laquelle s’est lancé Quentin à notre arrivée se révèle une véritable catastrophe dans des conditions climatiques en notre défaveur ! L’humidité ambiante empêche tout séchage rapide et nos vêtements, après 2 jours sur la corde à linge à sécher péniblement, finissent par empester le moisi !
Un peu puants, nous quittons la ville pour Ubud, où nous espérons bien pouvoir donner notre linge à une lavandière, comme à notre habitude. Dans le bémo qui nous emmène, nous ne sommes malheureusement pas surpris de trouver sur le chemin l’urbanisation intensive décrite par les guides : les routes traversant l’ile se résument à un alignement de maisons et magasins où la végétation tropicale n’est que rarement entraperçue.
Après avoir trouvé un logement dans une maison où se mêlent chambres et autels religieux, nous partons exploré la ville. Quelques pas nous suffisent pour nous rendre compte que l’esprit et les coutumes balinais, qui, dit-on, sont les plus intenses de l’ile, doivent composer avec les très chics magasins de vêtements, de décoration d’intérieur et d’artisanat local pour vacanciers. Malgré cela, nous trouvons un certain charme à Ubud et apprécions de déambuler dans les rues animées.
Les nombreux temples nous permettent de nous initier à l’architecture typique de Bali et les multiples offrandes qui jonchent les trottoirs nous amènent à comparer cette forme d’hindouisme à celle que nous avions découverte en Inde. Ici, la vie semble rythmée par ces offrandes que préparent et disposent les habitants en début et fin de journée, dans d’agréables effluves d’encens.
Pour nos deux derniers jours en Asie, nous faisons d’Ubud notre base d’exploration vers le centre de Bali et nous retrouvons avec plaisir la liberté de se déplacer en motorbike.
Notre premier circuit nous amène vers la région des lacs. Le seul problème est d’y arriver. En effet, il peut être difficile de se déplacer à Bali au vue du manque chronique de panneaux indiquant si on est entré ou sorti d’une ville et de démarcation entre les villes. Il nous aura fallu de nombreux arrêts et demandes aux locaux pour enfin nous retrouver sur la bonne route. La route grimpe progressivement vers les montagnes et offrent de jolis panoramas sur les volcans de l’ile et de vastes rizières. Nous découvrons enfin et successivement les 3 lacs puis Munduk, entouré de denses forêts et de plantations d’arbres fruitiers et caféiers. Ici, nous sommes bien loin du bling-bling du sud de l’ile, et le matériel idéal consiste en une bonne paire de chaussures de marche plutôt qu’une planche de surf. Nous poursuivons notre boucle et redescendons vers la côte Nord et la zone de Lovina Beach. Nous n’y trouvons rien d’exceptionnel si ce n’est quelques vignobles « suspendus » et des échoppes vendant du bon raisin en bord de route. Les plages sont quasi inexistantes et les promenades en front de mer vidées, y compris de leurs baraques à bakso. Pour rejoindre Ubud, il nous faut à nouveau passer quelques sommets avec leurs villages de montagnes. Une fine pluie et de la brume nous ralentissent et nous n’arrivons à proximité d’Ubud qu’à la nuit noire, un peu perdus dans les ramifications et l’étendue de l’agglomération.
Le lendemain, le ciel matinal est dégagé et nous profitons du soleil pour nous rendre au volcan XXX. En route, nous découvrons enfin des rizières à la hauteur des merveilles décrites par les guides, encaissées et aux bords formant des arabesques harmonieuses. Nous avons l’impression toutefois qu’elles sont conservées pour les touristes. Alors que nous montons vers les sommets, nous subissons un contrôle de police pour le moins étrange. Alors qu’à Kuta, le simple fait de montrer le papier rose avait convaincu les officiers, cette fois-ci, il est nécessaire de l’accompagner du permis international. Malheureusement sur ce dernier, une seule case existe pour les véhicules deux roues motorisés et n’ayant pas le permis moto, elle n’est bien-sûr pas cochée. Comment alors expliquer à l’officier qu’en France, il est possible de conduire des motos de moins de 125 cm3 sans permis spécifique. Au bout d’une argumentation acharnée sur l’impossibilité de leur présenter les bons papiers, nous repartons libres mais suspicieux sur les véritables motivations de ce contrôle : comme par hasard, un groupe de jeunes touristes se fait lui-aussi contrôler juste dernière nous…
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Alors que nous arrivons à un embranchement au somment, un péage nous demande 10000 Rps. Nous payons sans nous poser de question, ayant été prévenus que certaines routes ici appartiennent à des associations locales. Nous nous arrêtons pour regarder quel chemin prendre et sans motivation particulière, Quentin s’en va voir la petite cahute où se trouvent les vendeurs de tickets. Une affiche s’y trouve également avec les tarifs : le compte n’y est pas. Quentin leur demande pourquoi nous avons payé 10000 Rps alors qu’au plus, pour deux, il est marqué 9500. On lui répond qu’il faut payer pour le parking (nous avons déjà gagné 500 Rps), oui mais le ticket est pour un bus… Nous leur disons que notre moyen de transport ne ressemble en rien à un bus, et en insistant un peu, ils acceptent de nous rendre nos 2000 Rps (20 cts) perçus en trop. Ce n’est bien entendu pas grand-chose, mais vu le nombre de personnes qui passe ici, ces arnaqueurs se constituent un bas de laine confortable !
Nous descendons alors dans la caldeira pour rejoindre les bords du lac. Etrangement, alors que nous empruntons une petite piste menant à des villages excentrés, des motocyclistes autochtones nous arrêtent et nous proposent la visite de « momies » locales, corps conservés pendant quelques temps par les familles et qui, apparemment, ne dégagent aucune odeur désagréable. Pas intéressés du tout par ce type de spectacle, nous déclinons les invitations et rebroussons chemin pour s’approcher du volcan.
Commence alors une jolie chevauchée, longeant les flancs du volcan et le lac scintillant. Notre plan nous indique que la route continue pour faire le tour du dôme avant de regrimper au sommet de la caldeira. Nous hésitons quelques instants car de gros nuages s’accumulent sur les sommets et avancent menaçants vers nous. Nous décidons de prendre le risque d’une bonne saucée plutôt que de faire demi-tour et quittons le bitume pour un chemin de terre et de pierres. Soudain une pluie violente s’abat, nous laissant juste le temps de nous réfugier sous un abri de fortune (sûrement destiné aux poules). Nous y patientons pendant une bonne heure, en espérant que le chemin soit praticable à la fin de cette tempête. La pluie finit par s’atténuer et nous décidons de reprendre la piste avant une nouvelle averse. Le chemin s’est transformé par endroit en véritable ruisseau et, à chaque grosse flaque, nous hésitons sur le côté à emprunter pour ne pas s’embourber ni se mouiller. Quelques centaines de mètres plus loin, nous découvrons l’autre versant du volcan et une mer de lave impressionnante. Alors que nous grimpons difficilement pour rejoindre la route principale, les points de vue se font de plus en plus extraordinaires et la vision panoramique sur le volcan, les coulées de lave et le lac justifie complètement le détour et l’inconfort de la piste.
Nous pensions rejoindre le plus haut volcan de l’ile un peu plus à l’est mais le temps nous en dissuade : d’où nous sommes, nous ne voyons que de gros nuages et l’idée de faire encore des kilomètres sous la pluie puis dans la nuit ne nous inspire pas. Nous rentrons donc à Ubud par la route du matin, en essuyant à nouveau une averse. Dans les alentours de la ville, Quentin accepte enfin de laisser le guidon à Céline. Si seule sur la moto, il lui est possible d’avancer et de tourner, avec le poids mort (bien qu’allégé depuis ces derniers mois) de Quentin, tout est bien plus compliqué ! Heureusement que le chauffeur principal n’a pas eu de soucis lors de nos différentes virées : il aurait fallu un peu de temps avant que Céline ne puisse prendre la relève !
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Après toutes ces émotions, chacun retrouve sa place sur l’engin et de retour en ville, se livre à son activité favorite : un petit film pour Quentin, et un massage balinais pour Céline. L’expérience est vraiment agréable et les muscles du dos bien fatigués apprécient la dextérité des doigts de la masseuse, ainsi que le bain chaud de clôture.
Finalement, ces derniers jours sur Bali, sans nous avoir complètement époustouflés ni dépaysés, se sont révélés bien agréables. Si ce n’est pas une destination incontournable dans le cas d’un tour du monde, l’ile offre un bon condensé d’exotisme pour des métropolitains en quête de vacances faciles.
Date : du 28 au 29 et du 15 au 19 Avril
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