Hanoi : Good morning viet-nem

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A peine sommes-nous installés dans le bus qui doit nous faire passer la frontière Laos-Vietnam que nous avons déjà le sentiment d’avoir changé de pays : les conducteurs fument comme des pompiers (y compris à l’intérieur), certains ont des airs de mafioso peu sympathiques, et de surcroît ils cherchent déjà à nous avoir sur le prix des billets. Nous payons sûrement un peu cher le trajet (180 000 Kip par personne) mais c’est le prix de la tranquillité : aux dires de nombreux voyageurs, il ne fait pas bon se retrouver sans moyen de transport sur un poste frontière si peu fréquenté.

Les formalités administratives sont assez vite traitées et on nous délivre un certificat comme quoi nous sommes en bonne santé (qu’il faut bien sûr payer 1$). En revanche, nous avons droit pour la première fois à la fouille de nos bagages, qui, bien sûr, est complètement dénuée d’intérêt…sauf apparemment pour les protections hygiéniques féminines que le douanier considère quelques instants d’un air suspicieux.

Les conducteurs du bus ont décidé de déjeuner dans la ville frontière vietnamienne. Alors que les propriétaires du seul restaurant de la bourgade s’activent aux fourneaux et que des plats appétissants se préparent, personne ne daigne nous répondre sur ce qu’il est possible de commander. On finit par nous proposer des « instant noodle » ou du riz avec des œufs mais à des prix complètement exorbitants. Devant si peu d’amabilité (sans doute réservée aux douaniers qui débarquent quelques instants plus tard), nous nous reportons sur des étales fruits et négocions quelques mangues, poires et pommes.

De la frontière, la descente vers les plaines de Thanh Hoa offre de beaux paysages de rizières. Nous ne sommes qu’à quelques kilomètres du Laos et pourtant, celles-ci sont déjà dans un stade de culture beaucoup plus avancé. Alors qu’à Sam Neua, l’inondation des champs commençait à peine, ici les pousses de riz sont déjà toute vertes. Nous ne pouvons nous empêcher de nous remémorer ce dicton évoqué par un autre voyageur : « Les vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l'écoutent pousser ». Il est vrai que de ce côté, les gens semblent s’activer dans les champs, de nombreux chapeaux pointus émergeant de ces immensités vertes. Autre signe distinctif, les maisons dont les toits offrent des angles rappelant un « nez en trompette». La campagne vietnamienne, bien domestiquée, nous ravie pour l’instant.

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Arrivés à Thanh Hoa, nous sommes un peu déboussolés : la ville est vaste, grouille de scooters et bus, et enfin n’a aucun charme. Nous décidons donc de rejoindre directement Hanoi. Par chance, le dernier train pour la capitale a 1h30 de retard, ce qui nous permet d’y prendre place à bord de wagons couchettes que nous mettons à profit pour nous reposer durant les 3 heures de trajet.

Nous découvrons, en pleine nuit, une Hanoi encore bouillonnante malgré l’heure mais sous un fin crachin qui nous fait réaliser que nous n’avons pas véritablement d’affaires de pluie. Jusque là, nous avons eu majoritairement du beau temps et nous croisons les doigts pour que la mousson ne se prenne pas d’une envie d’arrivée anticipée.

Le lendemain, la pluie a cessé et la découverte du quartier historique nous dévoile une Hanoi aux multiples facettes. Le long de rues étroites et arborées cohabitent boutiques assez chics et réparateurs de mobylettes, restaurants lounge et roulottes vendant des beignets, vieille pagode d’influence chinoise et cathédrale, vendeuses ambulantes avec leurs chapeaux pointus et minettes sveltes en jean slim contrefait et talons aiguilles… Autrefois, le nom de chaque rue évoquait sa spécialité, mais désormais, il est très difficile de se repérer de cette façon : de nombreux commerces ont progressivement été remplacés par des hôtels faisant aussi office de tour operator, ou des boutiques de souvenirs. Les bâtiments sont peu larges et peu élevés, héritage du temps où les « impôts locaux » étaient calculés en fonction de l’aire de la façade. Généralement, une boutique occupe le rez-de-chaussée de ces maisons « tunnels »alors que la partie supérieure est réservée aux habitations. La couleur ocre domine largement parmi les verts, gris et mauve, rappelant très certainement l’étoile du drapeau national.

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Quant aux trottoirs, quand ils ne sont pas envahis par les chaises en plastique des restaurants de rue, ils font office de parking à moto : autant les oublier…

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En s’écartant un peu du centre, nous atteignons le complexe du Mausolée d’Ho Chi Minh: lignes simples et angles droits donnent aux énormes blocs de marbre un style nous rappelant que nous sommes dans un pays où le communisme a eu son heure de gloire.

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Nous sommes impressionnés par l’activité débordante qui règne quelle que soit l’heure : des centaines de scooters passent à tout allure dans les rues, sans respecter aucune signalisation. Les passages cloutés ne sont ici d’aucune utilité. Le secret : respirer un bon coup et traverser au milieu de la circulation comme si de rien n’était, l’air aussi confiant que les motards fous.

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Pour notre dernier jour à Hanoi, nous avons fixé au programme le Temple de la littérature, un des principaux sites touristiques, et le quartier français.

Contrairement aux pagodes, les temples ne sont pas des lieux de cultes mais de commémoration de figures illustres. Celui de la littérature est dédié à Confucius dont une représentation siège fièrement dans un bâtiment aux allures japonisantes. Dans les jardins, nous imitons les vietnamiens qui frottent la tête de tortues sculptées, symboles de la longévité.

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Après nous être complètement perdus dans des dédales d’étroites ruelles où circulent pourtant dans les deux sens les deux roues, nous partons en direction du quartier français. A dire vrai, nous n’avons toujours pas compris à quoi tient cette dénomination car rien ne nous rappelle ici notre mère patrie. En revanche, quel étonnement lorsque nous découvrons divers denses marchés, dont celui des pièces détachées de tout type. A la recherche d’une pagode, nous rentrons par inadvertance dans les cités, dont chacune semble former un petit village avec son propre nom. Les habitants ne semblent pas s’offusquer de ses intrusions non délibérées et nous indiquent gentiment le chemin.

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Hanoi est une ville finalement agréable si on en accepte le rythme : électrochoc après les heures extensibles du Laos, ces deux jours ont redonné un peu de peps aux citadins que nous sommes finalement.

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Date : du 6 au 8 Avril

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