Dans la famille des Long, Bai Tu bat Ha
Pour beaucoup, un voyage au Vietnam ne peut être complet sans la visite de la Baie d’Halong. Pourtant, une part importante de voyageurs ressortent avec un sentiment mitigé du tour organisé dans lequel ils se sont laissés enrôler, combinant visite de grottes aux éclairages psychédéliques, nuit inconfortable sur un sampan, balade militaire en canoë… Soucieux de ne pas reproduire la déconvenue Sapa-ienne, nous boudons Halong pour sa petite sœur plus au nord: la Baie de Bai Tu Long.
En chemin vers notre port d’embarquement, nous traversons Halong City et pouvons apercevoir au loin les fameux pics karstiques. A l’évocation de la Baie d’Halong, beaucoup se représentent les immenses pics émergeant des eaux de la Mer de Chine. C’est oublier qu’Halong est aussi un des principaux ports de commerce du Vietnam et que, côté terre, le paysage est beaucoup moins attrayant : sur des kilomètres de côte, des mines de charbons et des usines forment une bande bétonnée et polluée.
Le port de Cai Rong est beaucoup plus tranquille : la pêche et le tourisme encore peu développé sont ici les deux seules utilisations des jonques en bois amarrées. Depuis la terrasse de notre chambre, nous donnons directement sur les pics à quelques centaines de mètre de la côte. Même sous un ciel gris et bas, la beauté des lieux est indiscutable.
Pour profiter des lieux, deux solutions : des tours organisés dont les prix sont inversement proportionnels au nombre de (rares) touristes ou un trajet vers une des iles habitées. C’est bien sûr la deuxième option que nous choisissons en l’ile de Quan Lan. Le trajet est tout simplement magique malgré une météo peu clémente. Notre jonque, transportant vietnamiens, mobylettes et cochons, traverse lentement les pics karstiques nimbés de quelques nuages bas. Quelques villages flottent dans une eau claire, bleue pétrole. Aucun bateau de touristes en vue. La Baie de Bai Tu Long n’a vraiment rien à envier à sa célèbre grande sœur ! Après 3 heures de navigation occupées par des jeux entre homme mélangeant cartes et argent, du repos et la dégustation de thé, les passagers débarquent sur la petite ile perdue.
Malgré sa taille modeste, la ville principale comporte étonnamment un grand nombre d’hôtels. Nous en trouvons un tenu par un couple de petits vieux attendrissants puis marchons quelques minutes dans la ville. Un charme particulier se dégage des maisons basses au style bien différent de celui des villes modernes vietnamiennes. Les habitants et enfants se réjouissent de voir des étrangers et notre passage suscite des joyeux « xin chao ».
Le lendemain au réveil, des bourrasques de vent s’abattent soudainement et le ciel s’obscurcit progressivement. D’un coup, une forte pluie s’abat, y compris dans notre chambre dont l’étanchéité est clairement à revoir, réduisant à un maigre espoir la journée de vélo que nous avions prévue. Mais, dans ces contrées, à la tempête succède le beau temps et le soleil pointe enfin le bout de son nez au bout de cette petite demi-heure d’inquiétude.
Dans ce pays où les prix sont très rarement affichés, les touristes sont souvent pris pour des jambons et tout achat, même insignifiant, doit faire l’objet d’une négociation. Cette tâche, assez ingrate, revient à Quentin qui parfois y trouve une certaine forme d’amusement. Mais, dans certains cas, en défendant coûte que coûte l’idée de ne pas se faire avoir, de ne pas inciter les vietnamiens à la surenchère, et finalement économiser quelques centimes d’euros, nous nous gâchons des bons moments. La location de vélo ce matin là n’y manque pas et, énervés, nous partons chacun de notre côté sur les chemins, Céline sur son vélo et Quentin à pied !
Heureusement, l’ile n’est pas bien grande et seule une route permet d’aller d’un bout à l’autre. Ainsi il ne faut qu’une petite heure que nos chemins se recroissent sur une des extrémités de l’ile. Sur ce bout de terre est curieusement installée une usine rudimentaire de transformation de méduse en nourriture. Ce spectacle nous laisse quelque peu dubitatif tant sur l’aspect final et l’odeur d’un tel festin.
Une conséquence du petit accroc matinale est l’absence d’un deuxième vélo ! Nous repartons donc tranquillement visiter le reste de l’ile, tout penauds mais réconciliés, Quentin au volant, Céline sur le porte-bagage. La première chose qui étonne ici est la végétation de l’ile mêlant résineux et feuillus, assez loin de ce qui est habituellement vu sous ces latitudes. De plus, alors que nous remontons plus au Nord, nous entendons sur notre droite un bruit sourd et régulier. A la première opportunité, nous quittons la route principale et débouchons sur une immense plage de sable où des gros rouleaux s’abattent. En comparaison du calme qui règne sur l’autre coté de l’ile, le spectacle surprend et il ne faudra que la crainte des méduses et le temps mitigé pour nous empêcher d’y piquer une tête. Le reste de la journée se continue alors paisiblement et très agréablement le long de l’ile et ses quelques 20 km.
Le lendemain, nous quittons l’ile de Quan Lan pour rejoindre la terre ferme. Pour éviter de refaire le même trajet qu’à l’aller, nous embarquons sur une jonque en direction d’Halong City. Nous avons fait ce choix car le trajet retour passe par la Baie d’Halong. Mais, finalement, sur les 4 heures de trajet, nous ne pénétrons jamais vraiment dans les endroits les plus denses de la baie et n’apercevons donc que de loin les désormais familiers pics.
Date : du 19 au 21 Avril
2 comments:
Coucou les cousins,
Alors tout d'abord je voulais souhaiter un joyeux anniversaire à ma petite Céline!!! (je pense que tu fais beaucoup d'envieux, avec tous ces paysages que tu découvres tous les jours).
J'ai pu voir au fil de votre périple que vous en profitez au maximum et vous avez bien raison.
Je vous fait de gros gros bisous à tous les 2.
(petite question : est ce que vous allez au Pérou?)
Hello à tous 2,
Bon anniversaire Céline ;-) N'hésitez pas à ramener un morceau de bateau français emblématique de la baie d'Halong.
Et peut-être à bientôt en Amérique du Sud.
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