4000 Iles : les paradis perdus de Don Det et Don Khon
Nous arrivons aux 4000 Iles au couché du soleil. Cet ensemble d’iles et ilots, dont l’existence dépend du niveau de l’eau, peuplent le Mékong peu avant la frontière cambodgienne. Des simples touffes d’herbes ou cailloux aux iles habitées ou cultivées, leur dénombrement n’est pas aisé et la navigation à travers ce dédale nécessite une véritable dextérité. L’ensemble forme en tout état de cause une harmonie singulière, notamment à la tombée de la nuit. Nous rêvons d’une vue aérienne, comme proposée à Bagan mais où les temples auraient été remplacés par des iles…
Cependant, la pointe Nord de l’ile de Don Det où nous débarquons est telle que décrite par le guide : envahie par des bungalows et des (post-)adolescents la bière à la main. Cette atmosphère très cheap et de dépravation ne nous plait guère et nous traversons l’ile pour rejoindre Don Khon censée être plus paisible. Peine perdue ! Si les bungalows sont effectivement moins nombreux, la vue est tout à fait quelconque et les prix exorbitants. Nous revenons sur nos pas alors que la nuit se fait plus intense. Nous tentons notre chance auprès de plusieurs guesthouses mais les jeunes fêtards semblent avoir envahi l’ile. Nous nous rabattons finalement sur un bungalow tout simple dont le propriétaire et son épouse se révèlent fort attendrissants. Quentin se joint à eux dans la cuisine pour préparer notre repas : un plat traditionnel laos de Beef Laap et du riz sauté. Nous dégustons ces plats sous les étoiles au bord du fleuve, en discutant avec les propriétaires qui n’ont à leur actif que quelques mots d’anglais. Malgré ce bon moment, l’idée de rester une journée au milieu des backpackers passant leur temps à fumer de la marie jeanne, boire des BeerLao, et faire du tubing (grosse bouée) sur le Mekong, ne nous enchante pas (pour ne pas dire qu’elle nous dégoute) et nous décidons de regagner la terre ferme dès le lendemain.
Après un rapide tour de l’ile en moto au petit matin, la déception est d’autant plus grande qu’elle a tout d’un petit paradis. Préservée des backpackers, elle ferait un lieu idéal des vacances au vert : camper, se baigner et discuter avec les quelques habitants qui y résident encore.
Avant de regagner Pakse et de parcourir les 150 kilomètres qui nous en séparent, nous allons visiter une dernière cascade, la cascade de Khon Phapheng. Formant un des seuls obstacles naturels à la navigation des bateaux sur le Mékong, cette chute d’eau est impressionnante : des milliers de mètres cubes d’eau s’engouffrent dans les étroits chenaux constitués par les rochers. C’est un autre Mékong qui s’offre à nous : nous ne connaissions que son flot calme et lent, et nous le découvrons ici tout bouillonnant.
Date : du 20 au 21 Mars
Publié :
vendredi 26 mars 2010
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