Ko Muk : première baignade insulaire


Arrivés dans la matinée à Trang, il nous faut décider du programme : au choix passer la journée sur les plages avoisinantes ou filer directement vers une des Trang Islands. Le minibus, dans lequel nous avons enfin pu dormir, nous ayant comme par hasard déposés devant une agence de voyage, nous nous laissons finalement convaincre, à coup de brochure présentant des plages de rêve, pour l’ile de Ko Muk : celle-ci aurait en effet l’avantage, par rapport à ses voisines Ko Hay et Ko Kradan, d’avoir un village de pêcheurs et donc quelques restaurants bon marchés en dehors des resorts. Pas vraiment bien réveillés, nous tombons dans la facilité et laissons les jeunes femmes de l’agence tout organiser (transfert et hôtel) : à croire que la pénibilité des nuits dans le bus et la fatigue des voyageurs ainsi générée font partie du business model…

En attendant notre transfert, nous nous rendons dans une cantine thaï à deux pas de l’agence : ce restaurant n’a pas de réelle cuisine mais de multiples échoppes en extérieur qui préparent chacune leurs spécialités, ensuite servies à table. Le patron, dont le fils habite à Paris et travaille comme guide touristique pour les Thaïlandais se rendant en France, nous oriente avec bienveillance vers une soupe de nouilles au porc et du riz sauté au poulet. Tout en déjeunant, il nous montre quelques photos de son fils devant les principaux monuments parisiens : la nostalgie nous prendrait presque devant ces images sous le soleil, si nous ne savions pas qu’actuellement Paris était frappée par une vague de froid !

Ayant encore un peu de temps devant nous, Quentin décide de tenter l’expérience du coiffeur et de rafraîchir un peu sa coupe. Dans son propre pays, il n’est déjà pas facile d’expliquer avec précision ce que l’on attend comme coupe de cheveux, mais face à des thaïlandais ne parlant pas un mot d’anglais, ceci devient périlleux ! En s’aidant de la photo de son passeport, Quentin arrive à se faire comprendre et surveille les coups de ciseaux avec attention. La coiffeuse n’est elle-même pas très rassurée et y va tout doucement. Au final, la coupe n’est pas trop mal réussie et le massage qui suivit l’épreuve détendra toutes les tensions.

Dans le mini bus qui nous emmène jusqu’au ponton d’embarquement, nous sympathisons avec 2 couples de français : Olivier et Sophie qui voyagent pour 4 mois en Thaïlande ; Carine et Sandra qui, avant de passer un an en Australie, ont traversé la Russie, la Mongolie, la Chine et le Sud-Est asiatique. Les échanges et les conseils de voyage vont bon train et nous ne voyons pas le temps passer. Nous profitons quand même des vues magnifiques sur les ilots arborés et aux falaises parfois abruptes depuis le long-tail, grande barque de pêcheur à moteur, qui nous conduit à Ko Hay puis Ko Muk. C’est avec une pointe de déception que nous débarquons sur notre île : la plage n’est pas aussi paradisiaque que celle de Ko Hay, avec ses eaux turquoise, son sable blanc et ses coraux… Néanmoins, elle fera bien l’affaire pour les prochains jours de repos.

Après avoir pris possession de notre bungalow au milieu d’une forêt d’hévéa (rubber tree), nous nous jetons à l’eau : pour une fois Quentin, n’aura aucun mal à y pénétrer tellement l’eau y bonne. Le coucher du soleil sur les iles avoisinantes nous fera complètement oublier notre déception de départ…ainsi que l’agréable et succulent diner de soupe de curry vert et soupe de coco que nous dégustons au village en compagnie des filles. Les bonnes 20 minutes de marche, sous un magnifique ciel étoilé, à travers la forêt puis les maisons sur pilotis valent définitivement le coup !


Après une journée de transition, de repos et de planification (un immense merci au jeune gérant de notre hôtel pour son aide et les multiples coups de fil passés pour nous !), nous nous levons de bonne heure pour passer la journée en bateau. Le long tail nous mènera tout d’abord à l’Emerald Cave, petit lagon accessible uniquement à la nage par une grotte ; puis nous rejoindrons l’île de Ko Kradan pour faire du snorkelling sur une barrière de corail. La plage est magnifique et les fonds superbes : les vacances ont véritablement commencées :) Les amateurs du « Monde de Némo » seront enchantés par la diversité des coraux et des poissons qui peuplent ce petit endroit calme. Mais parmi ces gentils poissons, se nichent les horribles, infâmes et sournois oursins… Au moment de regagner notre île, la marée a fait son travail et les roches sont à fleur d’eau. En essayant de se frayer un chemin jusqu’au long tail, l’héroïque Quentin, guidant la gente féminine, n’échappera pas à l’attaque groupée de piquants acérés. Dans cette malchance, seuls le genou et le pouce sont touchés et les filles indemnes. De retour sur la terre ferme, un zeste de citron, une trempée de vinaigre et un peu de chirurgie viennent à bout de ces corps calcaires étrangers.

Ce soir là, nous nous retrouvons à diner entre les six Français et une discussion animée débute. Nos jeunes français commencent en effet à parler de la nourriture et des risques que nous encourions si jamais nous perdions les produits naturels, à l’image du beurre qu’ils allaient chercher directement chez leur fermière jusqu’à peu sous l’effet d’une directive européenne. Sont alors posées sur la table toutes les problématiques autour de la production intensive, des OGMs, des médicaments, du principe de précaution et plus généralement des évolutions scientifiques. Deux pensées s’opposent : une vision assez optimiste qui mise sur la science, les lois régulatrices et la capacité de l’Homme à corriger ses erreurs sur une échelle de temps qui nous dépasse ; et une autre beaucoup plus pessimiste et frisant parfois la paranoïa où les lobbys, gouvernements et chefs d’entreprise œuvrent pour l’uniformisation des goûts et la disparition du choix de produits naturels, au profit d’intérêts économiques. Sous un slogan « Laissons faire la nature », on en vient rapidement à oublier le poids de l’Histoire qui nous a conduits là, certains acquis durement gagnés, et l’état politique, économique et social d’une grande partie du monde. Un équilibre doit clairement être trouvé mais l’extrémisme « écologique » fait parfois froid dans le dos…

Date : du 11 au 14 Février

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