Bangkok : lost in translation!


Notre arrivée en Thaïlande commence par l’aéroport de Bangkok. Généralement, un aéroport est un simple lieu de transit vers une destination plus intéressante. Pour nous, c’est un retour (un peu brutal) à la modernité : design moderne de l’aéroport, tapis roulants que les gens n’ont pas peur d’utiliser, toilettes occidentales inodores avec papier toilette (nous avions presque l’impression d’avoir le nez congestionné), centre d’information hyper moderne, insigne lumineux pour les numéros de bus… Nous avons littéralement changé de monde.

Notre premier bus nous mène directement au cœur du Bangkok historique, dans la fameuse Kao San Road à deux pas du grand palace. En montant dans ce bus, nous comprenons instantanément que notre façon de voyager allait être complètement différente de celle d’Inde : un jeune homme nous demande où nous allons (!?), nous explique le chemin que nous allons prendre avec les arrêts (!!?) et nous indique la durée réelle du trajet (!!!?). Ici tout semble parfaitement huilé et fait pour que les touristes se sentent comme à la maison dès leurs premiers pas dans le pays.

Le trajet nous donne un premier aperçu de la ville : des buildings ultra modernes surgissent au loin, les abords de l’autoroute sont clean, la circulation est certes chargée mais policée. Seules la végétation plus luxuriante et quelques maisons traditionnelles font qu’à la sortie de l’aéroport nous n’avons pas l’impression de traverser une ville américaine.

Kao San est le repère à backpackers dans ce qu’il a de plus extrême, voire détestable : des bars, des bars, des bars où des post-ados quasi en maillot de bain en sont déjà à leur nième bière ; des boutiques de T-shirts et de babioles ; les derniers tubes dance à fond…Pour nous qui débarquons, cet occidentalisme nous saute à la figure. Si dans un premier temps nous regardons tout ce manège avec un regard amusé et nous dégotons un hôtel « grand luxe » selon nos précédents standards (draps nickels, chambre en teck et bambou, eau chaude, lecteur de DVD, piscine sur le toit, …), nous cherchons très vite à sortir de ce quartier les jours suivants. Ce type de population et de comportement ne sont définitivement pas notre tasse de thé et nous nous sentons finalement encore plus étrangers ici que dans les rues plus calmes de la vieille ville.


En commençant à déambuler dans les rues de Bangkok, nos narines sont mises en éveil. L’Inde a une odeur particulière, la Thaïlande également. Plus familière pour aimer fréquenter les restaurants thai, nous y retrouvons les odeurs de riz, de curry, de coriandre, de citronnelle, d’oignon, ... A première vue, la vie semble ici plus facile et tout le confort occidental est intégré. Les gens se baladent le soir, prennent une glace en amoureux, s’assoient en couple pour discuter, font du sport. Nous avions un peu oublié toutes ces choses relativement banales pour nous.  Même si, comme de nombreuses villes à travers le monde, des sans abris dorment dans les rues, notre première impression est qu’ici la vie peut se conjuguer avec plaisir et n’est pas simplement un long combat pour survivre.

La majorité des attractions et des sites historiques se trouvent à quelques centaines de mètres de l’hôtel. Il ne nous faut donc que quelques minutes pour atteindre Wat Po, Phra Kao et le grand palace, le Golden Mount, …, où nous apprécions le caractère un peu rococo et chargé de l’art thaïlandais : toits aux allures élancées, abondance des couleurs et brillants, finesse des dessins qui rappellent les porcelaines chinoises, gigantesques bouddhas… La chaleur est pesante et prendre le bateau pour se balader dans Bangkok se révèle à la fois pratique et rafraichissant. C’est ainsi que nous arrivons dans le parc Santi Chaiprakl accolés à l’embarcadère Bang Lumpo, où nous attendons paisiblement le coucher de soleil en discutant et en observant, après l’intonation de l’hymne national pour lequel nous sommes priés de nous lever, une session d’aérobic thaïlandais en plein air. Après deux jours de balade, nous n’avons vu qu’une petite partie de Bangkok mais nous reportons la visite du quartier chinois et de la ville moderne à un de nos prochains passages obligés au cours du voyage. Et puis, notre objectif n’est pas de s’éterniser en ville mais de descendre rapidement se reposer.

La proximité du nouvel an chinois (14 février) et sa coïncidence cette année avec la Saint Valentin ne jouent pas en notre faveur pour les transports et hébergements : de nombreux thaïlandais travaillant pour des firmes chinoises sont alors en congés et suivent le flot de touristes vers les plages. Les trains sont bondés et de nombreux resorts sur les iles les plus connues sont pris d’assaut… Nous optons donc pour le sud de la côte Andamanne, encore préservée, et un trajet en bus de nuit. Ceux-ci ont l’air ultra moderne et nous espérons pouvoir y passer une bonne nuit. Malheureusement, nous nous retrouvons dans une sorte de bocal à côté de la cabine du chauffeur, organisé comme un salon (pas de sièges inclinables), que nous partageons avec 10 autres voyageurs … et des cafards ! Si l’organisation est bien rôdée et nous arrivons au lieu dit à l’heure, nous sommes toutefois traités comme du bétail…et nos « collègues » qui se dirigent en masse vers les destinations bien connues Ko Phi-Phi, Ko Lanta, Phuket en ont un peu le regard…

PS: plus de photos à venir

Date: du 18 au 20 février

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