Bundi: la belle ville bleue


Nous entamons cette belle journée qui doit nous mener Bundi par un trajet en bus passant par Ajmer situé à environ 20 minutes de Pushkar. En voyant nos bagages, le conducteur nous dit « non, non, sur le toit ». Nous obtempérons tranquillement avant de comprendre qu’il n’y aurait pas que les bagages qui feraient le trajet sur le toit mais aussi quelques  humains, à savoir nous… Au moins, nous pourrons plus facilement admirer la vue sur les montagnes.

 Après ces quelques minutes rafraichissantes, nous attrapons notre bus pour Bundi. Le voyage s’annonce long. Nous pensions pouvoir en profiter pour nous reposer et observer la campagne environnante. C’était sans compter sur cette capacité incroyable qu’ont les indiens de pouvoir discuter pendant des heures et des heures  sur tout et rien. Je commis l’erreur initiale. En voyant, un jeune avec un cahier remplis de formules chimiques, je lançais la discussion. Cet Indien, dont le nom Deepak signifie illumination, étudie la chimie et connait déjà les concepts d’electrophilie et d’orbitales atomiques et moléculaire à l’âge de 16 ans. Si nous avons bien compris, il est dans une école un peu particulière à Kota (un peu au Sud de Bundi) mais c’est quand même assez impressionnant  quand on sait qu’en France on se bat à cet age là avec ces concepts aussi fondamentaux qu’équilibrer une réaction chimique! Dans un anglais souvent très difficile à comprendre, Il continua alors à nourrir la conversation pendant tout le trajet et ce malgré le vacarme impressionnant provoqués par les  tôles du bus s’entrechoquant. Autant dire, qu’au bout de 5 heures, nous étions légèrement fatigués…

De prime abord, Bundi ressemble à toutes ces autres villes indiennes que nous avons traversées : un marché bruyant et encombré, des ruelles étroites, du bruit…Mais, en s’enfonçant un peu plus dans la ville à la recherche d’une auberge, nous découvrons petit à petit la spécificité de cette bourgade : les façades des maisons sont dans un joli camaïeu de bleus, apaisant et rafraichissant. Un jeune homme nous expliquera le lendemain que cette couleur est utilisée car de meilleur marché pour un joli effet. Des havelis, sorte de maison de poupées  aux multiples étages et petits toits terrasses, bordent les rues ainsi que des palais abandonnés : quel dommage que les indiens aient tant de mal à préserver ce patrimoine qui, restauré, ferait de toutes les villes indiennes des villes de conte de fées. Les priorités sont, apparemment et surement très justement, ailleurs. Toutefois, que restera-t-il de ces bâtiments dans quelques années…

Nous passons une soirée paisible dans l’un de ces havelis, dont le toit terrasse offre une vue saisissante sur les palais perchés au sommet d’une colline, et ce soir là partiellement éclairés. Le propriétaire de la maison, Chintu,  nous explique que le « roi » de Bundi est décédé quelques jours auparavant et que les illuminations sont donc limitées par respect pour le défunt. Ce Chintu a vraisemblablement envie de nous rendre l’attente des plats préparés par sa mère plus douce et nous parle de sa ville. Le 14 janvier aura lieu un festival de cerfs-volants, ce qui explique l’agitation dans les petites boutiques les confectionnant. Un peu partout dans la ville les enfants et les plus grands  se pressent pour obtenir des cerfs-volants et s’entrainer. L’objectif de ce festival est d’être le dernier cerf volant encore dans les airs, après avoir coupé grâce à son fil le fil des concurrents. Ces fils, imprégnés de poudre de verre,  donnent pour le coup « du fil à retordre » aux petits commerçants qui se blessent facilement les mains en les mettant en bobine. Cette ville aurait donc un air « Des cerfs-volants de Kaboul »…
Le lendemain, armés d’un bâton répulsif à singes, nous entamons l’ascension de la colline où se situent les palais et le fort.  Les indications de notre guide ne sont pas très précises et nous nous égarons dans une sorte de garigue épineuse, longeant les remparts. Après quelques efforts, nous arrivons au sommet et découvrons le fort endormi : ici, entre ruines et pièces de palais bien conservées,  rien ne vient troubler l’ordre établi par les primates. Nous imaginons alors parfaitement ce qu’il pourrait advenir d’une ville abandonnée, la nature reprenant naturellement ses droits et les singes dictant leur loi…

Tout est calme et la vue sur la ville bleue est magnifique : de cette hauteur, nous percevons la manière dont la ville s’est développée au cours du temps. La vielle ville est concentrée aux pieds des palais, dans une représentation féodale, et nous distinguons avec peine les ruelles qui serpentent de manière complètement anarchique. Un peu plus loin, une zone plus récente et moins dense s’étale jusque dans la campagne.
Nous nous baladons longuement sur le site, ponctuant notre marche de pauses au soleil. En redescendant sur la ville, nous visitons les palais où les pièces se succèdent sans fin et où quelques fresques ont échappé au ravage du temps. Définitivement, Bundi, avec ses dimensions modestes, son charme et son calme, offre un interlude appréciable parmi les villes du Rajasthan.

1 comments:

Unknown a dit…

Coucou vous 2,

juste un petit message pour vous dire que nous sommes 3 depuis le 16 janvier.
Joann est né et nous sommes aux anges. Pour quelques clichés on vous a mis un lien sur le mail de quentin.
Bises et profitez bien
Flo & Laetitia

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