Huaraz et la Cordillera Blanca 2: la vie en “bleu”
La ville est en pleine effervescence, les touristes locaux étant venus en masse pour regarder les défilés militaires auxquels assiste aussi, parmi les officiels, la reine de beauté du coin. Après avoir pris toutes les informations nécessaires auprès de l’office du tourisme et réglé nos problématiques logistiques, nous nous réfugions au calme à l’hôtel pour passer la fin de journée et se remettre de notre précédent voyage.
A 4h30 du matin, nous nous levons sans trop trainer au son strident du réveil. Le diner de la veille, un lomo saltado un peu trop copieux, pas encore complètement digéré, nous négligeons le petit-déjeuner et nous rendons directement à la station de mini-bus pour Yungai. Une heure plus tard, nous arrivons dans le village aux pieds des montagnes et prenons un taxi collectivo pour nous déposer au point de départ de la randonnée. Pour l’atteindre, il faut encore une bonne grosse heure de trajet sur une piste qui grimpe, offrant des vues spectaculaires sur les plus hauts sommets péruviens que ce début de journée enveloppe d’une lumière douce. Arrivés à l’entrée de la Quebrada de Llanganuco, les couleurs des lacs nous saisissent.
Il est à peine 8 heures du matin quand nous entamons notre randonnée. La petite vallée composée de pâturages où paissent des vaches et des ânes et de multiples cours d’eau d’une limpidité surprenante, est encore à l’ombre et, à cette altitude, nous avons un peu froid. Nous n’envions pas les campeurs qui y ont passé la nuit.
Nous commençons la première partie de l’ascension, sur un sentier en lacets au milieu des cascades et de quelques arbustes en fleurs. Quentin, pas encore réveillé, peine un peu. Arrivés dans une plaine, nous faisons une halte pour nous étirer et grignoter un petit pain. Il ne nous reste plus que 4 kilomètres avant d’atteindre la laguna mais il s’agit à nouveau d’une bonne montée, aux pieds des glaciers. Cette fois, c’est Céline qui flanche, certainement en hypoglycémie. Heureusement, un couple d’Américains qui redescend après une nuit au bord du lac, nous informe qu’il ne reste plus que 10 minutes de supplice. La rage nous pousse à grimper et lorsque nous apercevons les premiers reflets du lac au loin nous sommes aux anges. Nous approchons rapidement comme aimantés par le bleu fluorescent, surréel, de la « Laguna 69 ». Une lumière semble émaner de l’intérieur du lac lui donnant cette couleur si particulière et qui tranche avec la roche grise qui l’entoure. Nous restons béats d’admiration pendant quelques minutes, profitant de ce cadre enchanteur, dont la nature paradisiaque est renforcée par les notes de flûte que se met à jouer un randonneur vénézuélien.
Nous devons malheureusement prendre le chemin du retour qui, à cette heure un peu moins matinale, semble s’être transformé en autoroute : de nombreux groupes se succèdent dans la montée, et nous sommes bien contents de nous être levés si tôt et d’avoir pu profiter de ce petit paradis en solitaires. Revenus dans les pâturages, nous nous concoctons notre déjeuner de randonneurs au bord de l’eau, nous débattant régulièrement avec de grosses mouches piqueuses que les bovins des environs et leurs bouses dispersées attirent inexorablement.
Nous avons encore du temps devant nous avant de reprendre un collectivo pour redescendre à Yungai, et nous décidons de regagner les lacs Chinancocha et Orconcocha à pieds, pour pouvoir profiter plus tranquillement de leurs couleurs tout aussi spéciales. Pour clore la journée, Céline insiste pour descendre encore plus bas par un petit sentier balisé au milieu de la forêt. La balade, à une bonne allure, est agréable et rafraîchissante, mais après presque 7 heures de marche, nous ne sommes pas mécontents de grimper dans le coffre d’un taxi pour descendre jusqu’à la ville.
Nous regagnons Huaraz, nous préparons un diner de champions (soupe et pates au ketchup) et allons nous coucher tôt, bien fatigués mais avec plein de belles images en tête.
Date : du 27 au 31 Juillet
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