Darjeeling : Bienvenue en Ghorkaland !


En nous rendant à Darjeeling à défaut du Népal, nous pensions découvrir un simple nouvel aspect de l’Inde et pouvoir respirer le bon air des montagnes. Mais c’est finalement un autre pays dans lequel nous arrivons. Tout diffère de l’Inde que nous connaissons : doux facies des habitants d’origine népalaise et tibétaine, gentillesse de la population qui parle pour la plupart anglais, propreté des rues, calme et sérénité qu’inspirent les plantations de thé…Les revendications de la population de créer un état indépendant de celui du Bengale semblent complètement justifiées !

A peine débarqués de la Jeep qui nous a hissés jusqu’à plus de 2000m d’altitude, nous tombons sur Bindu, membre de la famille d’Anand que nous avions rencontrée dans le train, et sa sœur. Inquiètes que nous trouvions un logement décent, elles nous conduisent dans l’hôtel d’une de leur connaissance, un ancien général de l’armée, puis Bindu nous fait promettre de venir déjeuner dans sa maison durant notre séjour. Une fois le rendez-vous pris et parés de quelques couches de vêtements supplémentaires, nous commençons à parcourir la ville.

Celle-ci s’étale à flanc de montagne jusqu’à la crête, dans un dédale de rues et ruelles, mêlant maisons de bric et de broc et anciens bâtiments coloniaux. Le style architectural tranche avec celui des plaines indiennes : sans aller jusqu’à nos beaux chalets savoyards, les maisons en présentent quelques aspects (murs de pierres, toits pointus, lambris …). Malheureusement, les systèmes de chauffage et d’isolation ont été oubliés lors de la construction, et le froid est parfois plus saisissant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Les rues (très) pentues sont une véritable épreuve pour nos corps peu entrainés, et à cette altitude nous sommes rapidement essoufflés et dépassés par les personnes âgées ! Nous parvenons à la place principale de la ville et cherchons du regard les sommets enneigés. Quand les conditions sont bonnes, il est possible d’apercevoir la chaine de l’Himalaya au loin. Malheureusement, un brouillard provenant de la plaine nous empêche de profiter de ce spectacle réputé. Un trek dans ces conditions ne serait pas vraiment intéressant et les principales curiosités de la ville devraient suffir à occuper les prochains jours. Nous verrons ainsi de jolis monastères bouddhistes parés d’or et de couleurs chatoyantes, le musée de l’Himalaya qui retrace les exploits des conquérants de l’Everest, le zoo où les espèces protégées semblent s’ennuyer fermement dans des enclos peu accueillants et enfin les plantations du si réputé thé de Darjeeling au pied de la ville. Malgré le froid nous faisons durer nos sorties et dinons lentement jusqu’à la fermeture des restaurants (20h !!!), redoutant le moment où nous aurons à nous glisser dans des lits très très très frais ! 



Le dernier jour, nous nous rendons comme convenu chez Bindu pour le déjeuner. Il est toujours difficile pour nous de prendre notre repas, servis comme des rois, alors que nos hôtes ont déjà pris le leur. Mais elles sont si contentes de nous faire découvrir la vraie cuisine népalaise que nous ne privons pas de gouter et regouter les plats si gentiment préparés : sortes d’épinards sautés, mouton en curry, lait cuit dans une sauce épicée et ressemblant à de l’œuf brouillé, dhal…A l’issue du repas, nous visitons la maison dont elles sont curieusement si peu fières malgré son charme suranné et prévoient de reconstruire complètement, et partons pour une promenade digestive bien venue dans les hauteurs de la ville. Après une étape par une pagode japonisante, Bindu nous conduit chez sa sœur dont la maison en construction offre des vues spectaculaires sur Darjeeling. Encore une fois, on nous fait promettre de revenir à une meilleure saison (octobre) pour profiter de tous les attraits de la ville mythique.

Sur le chemin de retour pour Siliguri et suivant les conseils d’Anand, nous nous arrêtons à Mirik, station réputée auprès des jeunes mariés. La route est tortueuse mais offre un joli spectacle de forêts exotiques et de conifères, de plantations de thé vallonnées et quelques vues sur la frontière népalaise toute proche. Arrivés à Mirik, le temps n’est malheureusement pas de la partie et au froid viennent désormais s’ajouter des nuages épais qui donnent à la ville un air un peu sinistre. Nous ne ferons que le tour du lac parés de tout notre attirail et repartirons rapidement pour retrouver la famille siligurienne et préparer notre départ pour Calcutta. 

Date : du 03 au 05 Février 2010

1 comments:

BenenutsOfficiel a dit…

Une bise glacée de Montréal où je prends toujours autant de plaisir à suivre vos aventures !

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