Udaipur 2/2: ...facilitateur de rencontres.

La matinée suivante fait l’objet, sur notre petite terrasse ensoleillée, d’une discussion mouvementée sur les modifications de planning nécessaires au bon déroulement de notre tour du monde. Népal or not Népal, la décision est finalement prise de ne pas faire ce pays cette année. Nous attendrons d’avoir plus de temps et peut être également une meilleure saison pour réaliser ce voyage que beaucoup considère comme l’un des plus beaux. Mais dans le souci d’apercevoir malgré tout la plus haute chaine de montagnes du monde, nous arrivons à un compromis avec Darjeeling : pourquoi ne pas pousser jusque là après Varanasi et avant de redescendre sur Calcutta ?

L’après midi et après une halte dans notre bouiboui préféré, nous parcourons les bazars de la ville. Malgré une ambiance de souk, les bazars indiens ont une organisation plutôt claire : des petits districts avec chacun leur spécialité s’égrènent dans les rues bruyantes et tortueuses. On peut donc y trouver successivement, un marché aux épices, un autre aux légumes, un pour les vêtements … Dans ce dédale, nous tombons par hasard sur une échoppe de thés et nous faisons expliquer les caractéristiques de ces derniers. En Inde, 2 types de thés sont utilisés : les feuilles  séchées mais encore discernables de Darjeeling pour le goût, et l’Assam à l’allure de café de différentes granularités (et donc de qualités) pour la couleur. Assez curieusement, les indiens accordent une grande importance à la couleur de leur thé…

A la recherche d’un peu plus de tranquillité, nous décidons de rejoindre le lac et d’explorer son autre rive supposée plus calme. Nous nous arrêtons sur le trottoir pour observer une partie de cricket de rue. Les jeunes garçons se donnent à cœur joie de taper dans leur balle et à courir vers leurs bases, sans considération des voitures qui passent régulièrement ni des vitrines des boutiques qui jouxtent la rue. Une Québecquoise se prend aussi au jeu et se joint à nous pour observer la scène. La discussion s’amorce. Au Québec, Alexandra est psychologue, pratiquant et enseignant l’ « Art Therapy ». Cette discipline, encore peu connue en France, consiste à faire s’exprimer les patients par des media artistiques (dessin, peinture, sculpture, musique…) qui sont ensuite analysés et discutés. Alexandra nous explique qu’elle travaille principalement avec des gens atteints de cancer sur des aspects tels que le déni, la cure, le pourquoi et la reconstruction… En visite en Inde pour un mois, elle avait pour projet de rencontrer des veuves et de discuter avec elles. Elle nous explique que la tâche n’a pas été facile. En effet, le sujet des veuves est encore tabou. Elles sont considérées comme portant malheur et font par conséquent l’objet d’une stigmatisation et d’un rejet de la société. De plus, les droits qu’elles pourraient faire valoir leurs sont très régulièrement refusés par leur belle famille (récupération de la dote, conservation des propriétés foncières …). Elles se retrouvent donc, faute d’éducation, très régulièrement à un état de mendicité.

Quant à l’homme indien, son comportement présente une véritable ambiguïté : tout à la fois responsable de son clan dans sa version élargie (épouse, enfants, parents, frères …) et de son confort matériel, mais aussi grand adepte du « Me first » avec des longs moments passés entre hommes, des cachoteries auprès de son épouse, des conquêtes dignes de véritable « Boy friend ».

Nous extrapolons notre discussion sur la place des touristes blancs dans le système indien. Que représentons-nous donc pour eux, où nous placent-ils sur l’échelle des castes ? La réponse est complexe : elle mêle à la fois une certaine fascination pour les blancs (les nombreuses demandes de photos dont nous faisons l’objet en témoignent) mais aussi de bien peu de considération aux vues des multiples entourloupes qu’ils imaginent et malgré la source de devises que nous représentons.
Après ces quelques heures et idées partagées dans cette rue calme, nous nous séparons avec encore beaucoup de questions sur l’Inde…

Nous terminons cette journée paisible en beauté, en profitant d’un magnifique coucher de soleil sur le lac et le City Palace : le ciel rougeoie et les lumières s’allument subtilement dans la ville, dans une atmosphère enchanteresque.

1 comments:

BenenutsOfficiel a dit…

Bravo pour ce blog !
Qu'il est agréable de vous lire ...

Enregistrer un commentaire