Mandu : campagne afghane
Le trajet entre Mount Abu et Baroda est particulièrement long : nous mettrons plus de 12h à faire un peu plus de 300 km dans un bus privé dont nous ne comprenons pas vraiment le chemin emprunté, ni les multiples arrêts. La prochaine fois, c’est clair, nous reprendrons les bus locaux : ils sont certes un peu moins confort mais au moins on comprend leur mode de fonctionnement.
Baroda est une bien grosse ville en comparaison de celles où nous venons de séjourner, certes riche en cette région prospère du Gujarat, mais nous y retrouvons les désagréments qui nous ont fait fuir Jaipur : bruits, embouteillages, pollution…Notre intention n’est pas de s’y attarder mais de prendre rapidement le large pour des contrées plus paisibles à l’ouest.
Malheureusement, le lendemain, tout ne se passe pas aussi facilement que nous l’aurions souhaité. Peu de bus et de trains circulent entre Baroda et Indore, ville étape pour Mandu, et le bus local qui s’y rend est parti à 6h30 le matin, bien avant notre réveil. Nous sommes donc réduits à attendre toute la journée dans cette ville pour prendre un bus privé de nuit…Tristes perspectives !
Pour patienter, nous nous offrons donc quelques plaisirs : nous restons quelques heures dans un café Lavazza tout ce qu’il y a de plus occidental en engloutissant muffin et brownie, puis nous défoulons sur internet et enfin passons l’après-midi au soleil sur la pelouse de l’université de sciences et d’arts, après avoir découvert un spot wifi gratuit…Pas très reluisant mais la ville n’offre que peu d’attraction et le rhume un peu sournois qui nous suit est un bon prétexte au farniente.
Nous nous apprêtons donc à faire, avec une certaine appréhension, notre premier trajet de nuit en bus. Bien que nous nous sommes payés le luxe de « sleepers » (15€ pour 2), sorte de couchettes placées au dessus des places assises du bus, nous redoutons un peu la nuit…Celle-ci se révèlera effectivement fatigante : le bus semble roule à une vitesse dérisoire mais pourtant nous accusons des soubresauts réguliers et quelques glissades d’un coté et de l’autre de la couchette. A 6h nous sommes réveillés et arrêtés dans la ville de Dhar, escale plus intéressante pour nous pour rejoindre Mandu et nous épargnant quelques 3h de trajet supplémentaires.
Le soleil n’est pas encore levé lorsque nous rejoignons la gare routière mais la vie commence à se manifester : les échoppes se préparent à ouvrir, les vendeurs de tchai manient déjà avec grande dextérité leurs casseroles et théières, les vaches affluent progressivement à la recherche de peaux de banane à grignoter…
La route qui nous mène à Mandu nous rassure : finalement, tous les désagréments de ces derniers jours ainsi que la fatigue s’envolent en découvrant des cultures verdoyantes, parsemées de constructions afghanes. L’arrivée sur la ville est particulièrement saisissante : des ravins jouxtent la ville dont l’accès se fait par des portes monumentales. Mandu est une ville qui se mérite mais quel petit bijou !
Après avoir trouvé une guesthouse pas top reluisante, nous retrouvons un couple d’Italiens que nous avions croisé juste en arrivant. Ce couple gère un restaurant dans les hauteurs de Sienne et ont la chance de pouvoir prendre chaque année 3 ou 4 mois de vacances pour découvrir un nouveau pays…
Nous partons donc ensemble découvrir Mandu en débutant par le magnifique palais de . Avec ces petits lacs, il s’agit d’un véritable havre de paix, surtout avec la température qu’il fait à Mandu. Nous nous accordons toutefois une petite sieste en milieu d’après midi, la nuit presque blanche et le levé à 6h du matin nous ayant quelque peu fatigué. La journée s’achèvera ainsi tranquillement dans un des uniques restaurants de Mandu.
Le lendemain matin, après avoir loué des vélos, nous partons vers le sud de Mandu, où se trouvent de nombreuses tombes d’inspiration afghane. Ces monuments, dont le style rappelle un peu le Taj Mahal, se trouvent au beau milieu de magnifiques champs de blés où quelques épis de maïs poussent de façon anarchique. Nous continuons notre route sur les routes parfois chaotiques du plateau où, à notre étonnement, chaque tournant cache un monument. Nous sentons une vraie volonté de préserver ce patrimoine qui s’insère à merveille dans la campagne et les habitations modestes. Toutefois, le temps et peut être quelques pilleurs ont joué leurs rôles, et il sera certainement difficile de rendre à ces monuments leur éclat d’origine.
Apparemment Mandu est un lieu de villégiature très appréciés des habitants de Indore, la grosse ville de la région située à environ 50 km. Nous verrons ainsi passer des jeunes étudiants pleins d’ambition avant d’attaquer leur carrière dans la finance et un magnifique team building d’une petite société d’Indore.
Date: du 18 au 20 janvier
Publié :
lundi 25 janvier 2010
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